Communautés professionnelles territoriales de santé: les ARS appelées à réunir les professionnels (Agnès Buzyn)

PARIS, 24 septembre 2018 (APMnews) - La ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, a d’ores et déjà demandé aux agences régionales de santé (ARS) de réunir les professionnels pour mettre en route les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), a-t-elle fait savoir dimanche au micro de France Inter.
Invitée de l’émission "Questions politiques", dimanche, la ministre répondait sur les mesures du plan "Ma santé 2022", présenté mardi 18 septembre, visant à structurer les soins de ville autour des besoins de santé d’un territoire. Le plan prévoit la création de 1.000 CTPS d'ici à 2022, rappelle-t-on (cf APM SAN1PF8UME).
Le calendrier de leur déploiement "est très serré, il faudra que dès 2019 il y ait une vraie dynamique qui s’installe. Donc, j’ai d’ores et déjà demandé aux agences régionales de santé de commencer à réunir les professionnels pour voir comment on identifie un bassin de vie d’entre 20.000 et 100.00 habitants à peu près, combien [de professionnels] s’organisent et comment ils travaillent notamment avec l’hôpital de proximité", a-t-elle détaillé.
Les professionnels de ville engagés dans cette "responsabilité territoriale" seront financés à l’année pour un certain nombre de missions inscrites dans un cahier des charges, "dont l’accès à des soins non programmés entre 8h et 20h".
Ce mécanisme incitatif "va être discuté dans la négociation conventionnelle entre l’assurance maladie et ces professionnels, nous avons prévu un budget dans la transformation [du système de santé] pour financer ces communautés", a-t-elle souligné. "Aujourd’hui, les professionnels libéraux qui ont un exercice isolé ont accès à un certain nombre de forfaits. Progressivement, avec le temps, ces forfaits diminueront pour aller renforcer ceux qui s’organiseront de façon collective", a-t-elle poursuivi.
Agnès Buzyn a rappelé les mesures mises en place en 2017 "pour faire en sorte que les médecins en zone rurale qui veulent continuer à exercer en plus de leur retraite puissent le faire [et] que des médecins puissent venir les remplacer en temps partiel", avec une augmentation "du prix des consultations en zone rurale de 25%".
Ce dispositif va être complété par les "400 postes de médecins généralistes qui vont être salariés par les hôpitaux de proximité et qui viendront donner du temps" dans les zones désertifiées, a-t-elle ajouté.

Etudes médicales: "les métiers vont se transformer"

S’agissant de la réforme des études de médecine (cf APM VG0PF70TB), la ministre est revenue sur l’enjeu de diversifier les profils en créant "des passerelles avec d’autres licences [du champ] des sciences humaines et sociales, de la psychologie ou de la philosophie, les métiers d’ingénieurs, car nous allons avoir besoin de bio-informaticiens".
Ces passerelles "existent déjà, elles ont été expérimentées depuis 2012 et nous allons les déployer sur tout le territoire", a-t-elle abondé, relevant qu’aujourd’hui, "quand vous êtes polytechnicien, vous entrez d’emblée en troisième année de médecine".
Interrogée sur la question des niveaux des étudiants dans certaines disciplines qu'ils n'auront donc pas étudiées auparavant, la ministre a répondu que pourrait être mise en place "une année de rattrapage en biologie par exemple".
Les métiers médicaux "vont être de plus en plus accompagnés par des algorithmes décisionnels, on voit bien que les métiers vont se transformer, il faut que l’on accompagne ces transformations", a-t-elle illustré. Néanmoins, "il y a besoin d’un socle de connaissance, il y a au moins quatre ans absolument nécessaires autour de la pratique médicale", a-t-elle considéré.

Des économies sur "les médicaments de routine ou de rente"

Agnès Buzyn a par ailleurs confirmé les économies réalisées sur les médicaments, qui doivent se traduire par 1 milliard d'euros de baisses de prix en 2019 (cf APM EH1PFAZYC), "pour pouvoir financer l’innovation à laquelle les Français ont droit", notamment "les médicaments très chers qui arrivent aujourd’hui pour les enfants atteints de cancer".
Il faut "impérativement que nous fassions des économies importantes sur les médicaments de routine ou de rente qui sont sur le marché depuis longtemps", a-t-elle argué.
Dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2019, "il y a des mesures en faveur des génériques qui ont d’ores et déjà été discutées avec les associations de malades notamment", a-t-elle précisé.
mlb/vl/APMnews

Découvrez gratuitement et sans engagement Cliniquesnews.com pendant 7 jours.

Vous voulez informer la rédaction sur un événement se passant dans votre établissement ou votre région (nomination, ouverture d’un service…), écrivez-nous à redaction@cliniquesnews.com