Edouard Philippe souligne la nécessité de faire évoluer le rôle des ARS

CHAMONIX (Haute-Savoie), 1er octobre 2018 (APMnews) - Le premier ministre, Edouard Philippe, a fait valoir vendredi la nécessité pour les agences régionales de santé (ARS) de jouer un rôle plus important dans la coordination et l'aide à la mise en place de nouveaux types d'organisations à échelle locale notamment, lors d'une intervention à la Convention on Health Analysis and Management (Cham), qui s'est tenue jusqu'à samedi à Chamonix.
"Une partie des métiers des directeurs généraux des ARS et des ARS en particulier va être amenée à évoluer un peu. Il va falloir passer d'une activité où l'aspect de régulation avait une importance considérable à un métier dans lequel il va falloir coordonner ou laisser des organisations naître, et faire en sorte qu’elles soient les plus opérationnelles et optimales à tel ou tel endroit", a déclaré le premier ministre.
"Il y a un peu de chances qu'exactement les mêmes solutions soient intelligentes à Annecy et Chamonix, ainsi qu'au Havre ou à Cherbourg", a-t-il argué.
"Il va falloir qu'on réussisse avec les ARS cette transformation, c'est un élément d'organisation indispensable qu'on a très clairement en tête", a-t-il insisté.
Le gouvernement a lancé fin février, en parallèle du programme Action publique 2022, une revue des missions des ARS qui devait aboutir dès septembre à des propositions de réforme applicables en 2019 (cf APM VG1PCBOX9).
En juin, la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, avait signalé que le gouvernement réfléchissait à un allègement des missions des ARS (cf APM VG4PAXDB0).
Des groupes de travail issus de cette revue des missions ont suggéré notamment que les ARS devraient reprendre les compétences de protection maternelle et infantile (cf APM VG1PCBOX9), voir leur rôle d'autorité sanitaire renforcé pour agir plus efficacement sur les déterminants environnementaux de santé (cf APM VG9PC2BRR) ou encore qu'il faudrait effectuer le tri dans les missions qui leur sont aujourd'hui dévolues en matière de veille et de sécurité sanitaire (cf APM VG8PC09TO).
Edouard Philippe est par ailleurs revenu sur le plan "Ma santé 2022" (cf APM VG8PFB3K9), souhaitant que d'ici quatre ans, "les transformations engagées permettent à celui qui est médecin de consacrer une plus grande part de son temps à la médecine".
Il a fait référence à la création d'au moins 4.000 postes d'assistants médicaux (cf APM SAN7PF8T0N) qui seront "en bonne partie financés par l'assurance maladie". L'objectif sera atteint en 2022 si cette mesure a "soulagé les médecins de toute une série de tâches administratives", a-t-il signifié.
Edouard Philippe a formulé comme autre but pour 2022 d'avoir suffisamment "incité les médecins, libéraux notamment, à se se regrouper" pour que l'exercice isolé ne soit "pas du tout la norme" et devienne "presque quelque chose de surprenant". Et de poursuivre: "On veut faire en sorte de permettre à la médecine libérale de s’organiser" afin de parvenir à "une meilleure connexion avec l'hôpital, un meilleur accueil de ceux qui ont besoin de soins non programmés".
Il a également souligné l'importance pour 2022 de réaliser "les meilleurs progrès dans la portabilité des dossiers personnels et des données personnelles".
Interrogé par Guy Vallancien, président de la Cham, sur la façon dont la France pourrait tenir la dragée haute face aux Gafa (Google, Apple, Facebook, Amazon) dans l'intelligence artificielle et la génomique notamment, le premier ministre a jugé que la bonne échelle est "européenne". L'Europe doit être capable de "compenser l'effet de taille par la densité d'intelligence et de données", afin de "peser face à l'Amérique du Nord et au bloc chinois", a-t-il fait valoir.
jyp/eh/APMnews

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