Affaire "des bébés sans bras" dans l'Ain: nouvelle enquête ANSP-Anses (Agnès Buzyn)

PARIS, 22 octobre 2018 (APMnews) - La ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, a annoncé dimanche qu'une nouvelle enquête, menée cette fois par l'Agence nationale de santé publique (ANSP) et l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), allait être lancée dans l'affaire dite "des bébés sans bras" dans l'Ain.
Agnès Buzyn a été interrogée dimanche lors du Grand jury RTL/Le Figaro/LCI sur cette affaire qui porte sur 7 cas groupés d'agénésie transverse des membres supérieurs (ATMS) chez des bébés nés dans l'Ain entre 2009 et 2014.
Début octobre, à l'occasion de la publication d'un rapport sur ces cas groupés, l'ANSP (ou Santé publique France) a indiqué que "l'analyse statistique ne met[tait] pas en évidence d'excès de cas par rapport à la moyenne nationale". Elle avait aussi précisé qu'une recherche d'une éventuelle exposition commune avait été menée, et qu'elle n'avait pas identifié d'éventuelle cause commune qui aurait permis d'orienter des investigations complémentaires (cf APM CD9PG2KOT).
Mais ces conclusions se sont montrées à l'inverse de celles du Registre des malformations en Rhône-Alpes (Remera) pour lequel les 7 cas constituent bien un cluster et ne sont probablement pas dus "au hasard".
La controverse s'est amplifiée avec la convocation, mi-octobre, des 6 salariés du registre régional pour un entretien de licenciement par les Hospices civils de Lyon (HCL).
Le registre est adossé aux HCL, lesquels doivent recevoir différentes subventions pour notamment payer les salaires. Les HCL ont expliqué qu'ils avaient dû suppléer faute de versement de la plupart des subventions publiques ou du retard pris par des versements (cf APM CD9PGMWLM).
Dimanche, Agnès Buzyn a indiqué tout d'abord qu'elle "n'avai[t] pas envie" d'entrer dans "le débat" sur l'existence d'un excès de cas d'agénésie dans l'Ain.
En revanche, "on ne peut pas se satisfaire de dire 'on n'a pas trouvé de cause'. C'est insupportable en fait!", a-t-elle souligné.
C'est pourquoi, "nous avons décidé avec François de Rugy [ministre de la transition écologique et solidaire], que j'ai vu au moment de son arrivée au gouvernement, de relancer une enquête".
Cette enquête va être menée par Santé publique France et, cette fois, avec l'Anses "qui s'occupe des risques environnementaux". Elle permettra de "voir si les regards croisés entre les médecins de Santé publique France et des personnes qui connaissent mieux l'environnement trouveront une cause", a expliqué la ministre.
Interrogée sur l'arrêt des subventions de l'Etat pour financer le registre Remera, elle a affirmé qu'il était "hors de question d'arrêter leur versement" et que le ministère s'était assuré de leur "pérennité".
"Quand on a un registre qui cumule des cas pendant 20 ou 30 ans, si on l'arrête, il ne peut plus redémarrer et vous perdez l'information. Donc, il ne faut surtout pas l'arrêter", a-t-elle insisté.
La ministre a ajouté qu'il avait été toutefois demandé à Remera de "progresser sur son niveau scientifique". "Mais c'est une affaire de spécialistes et d'experts et, pour moi, ce qui est important, c'est que la surveillance continue et que nous retournions vers tous ces cas pour être certains de n'être passé à côté d'aucune cause", a-t-elle souligné.

Effets des pesticides sur la santé: vers un renforcement de la recherche "indépendante"

Lors de l'interview, Agnès Buzyn a été également interrogée sur des propos tenus en fin de semaine dernière par le nouveau ministre de l'agriculture, Didier Guillaume, selon lesquels il n'existe pas de preuves scientifiques sur l'impact des pesticides sur la santé.
La ministre a rappelé que le glyphosate avait été classé comme "cancérigène probable". "Donc le lien n'est pas totalement prouvé et nous allons relancer les études dans le cadre du plan 'Ecophyto' qui avait été élaboré avant l'été avec Nicolas Hulot et Stéphane Travert [anciens ministres de l'écologie et de l'agriculture]", a-t-elle déclaré.
Remarquant que "beaucoup d'études sont financées par les industriels", elle a fait part du souhait du gouvernement de "financer la recherche publique indépendante sur les effets toxiques des pesticides".
Elle a précisé qu'elle avait évoqué cette question avec François de Rugy dans le cadre de la préparation du plan santé-environnement qui sera prochainement présenté. "Nous avons décidé de renforcer la recherche indépendante, scientifique, sur les effets 'cocktail'" afin de pouvoir définir "quelle substance était responsable de quoi" par rapport aux effets cumulés de toutes les substances sur la santé.
san/eh/APMnews

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