Hôpital: "C'est impossible de s'engager à une non-fermeture de services" (Agnès Buzyn)

PARIS, 6 mai 2019 (APMnews) - "C'est impossible de s'engager à une non-fermeture de services" hospitaliers, a déclaré la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, dimanche, au micro de BFM TV.
Le président de la République, Emmanuel Macron, s'est engagé, d'ici la fin de son quinquennat, à ce qu'il n'y ait plus de fermetures d'hôpitaux "sans l'accord du maire", à l'issue du "grand débat", rappelle-t-on (cf APM GL7PQJ0UY).
Interrogée sur d'éventuelles fermetures de "services" hospitaliers sur BFM TV, dimanche, Agnès Buzyn a expliqué que "l'hôpital, l'offre de soins, bougent avec les populations. Vous avez parfois besoin d'ouvrir de nouveaux services, d'ouvrir de nouveaux hôpitaux, par exemple dans des villes où il y a un afflux régulier de population. Je pense par exemple à Montpellier où il y a une démographie croissante".
"Et vous avez au contraire des lieux où la population vieillit, où vous n'avez pratiquement plus d'accouchements", a-t-elle ajouté.
"On est obligé de suivre en permanence la démographie de la population, son âge, ses besoins de santé, et l'adapter. Donc, on ne peut pas, évidemment, s'engager à ce qu'il n'y ait aucune évolution de l'offre de soins", a-t-elle répété.

Pitié-Salpétrière: "On peut toujours jouer sur les mots"

Interrogée également sur l'intrusion de manifestants du 1er mai au sein de l'hôpital de la Salpêtrière (AP-HP), et notamment sur les déclarations du ministre de l'intérieur, Christophe Castaner, qui a parlé d'"attaque" avant de se rétracter (cf APM VL0PQXG05), Agnès Buzyn a estimé: "On peut jouer sur les mots. C'était une intrusion ressentie de façon très violente par les personnels qui étaient présents. Ils ont eu peur, pour les personnes qui déambulaient dans un hôpital [...]. Donc la direction de l'hôpital, la direction de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris, a dit qu'on ne rentrait pas violemment dans un hôpital, même pour se protéger" (cf APM GL3PQXOBY).
"Un hôpital est un sanctuaire. Qu'est-ce qu'on aurait dit si des personnes étaient tombées, s'étaient blessées? Qu'est-ce qu'on aurait dit si des dizaines de manifestants avaient pénétré dans la réanimation en courant, en bousculant? On nous aurait dit 'vous n'êtes pas capables de défendre un hôpital'", a-t-elle affirmé.
La ministre des solidarités et de la santé a expliqué qu'il y avait eu "plusieurs moments" d'intrusion à la Salpêtrière, ce mercredi 1er mai. "Il y a eu un moment d'intrusion violente où pendant plusieurs minutes, les manifestants ont essayé de manière violente d'ouvrir les grilles -ce qu'ils ont réussi à faire. C'est ce que la directrice [Marie-Anne Ruder, NDLR] a ressenti comme d'une extrême violence [cf APM SAN5PQV69I]. Elle a pris peur, comme les vigiles. Ils étaient émus. Et je pense que le ministre de l'intérieur a simplement traduit cette émotion", a-t-elle assuré.
"Une autre porte de l'hôpital, l'entrée des voitures, a également été forcée [...] on aurait pu avoir des blessés", a-t-elle aussi estimé.
"Moi j'ai eu de la chance, quelque part, de pouvoir voir un peu plus tard des vidéos qui circulaient, notamment sur la partie d'entrée dans la réanimation et j'ai compris que ce n'était pas une volonté d'effraction violente. C'étaient des gens qui se réfugiaient. Donc mes mots ont traduit le fait que j'avais eu l'occasion de voir [...] une vidéo qui a circulé secondairement", a-t-elle ensuite expliqué.
"Arrêtons d'en faire tout un plat", a-t-elle enjoint. "Je trouve qu'il y a eu un emballement médiatique, un déferlement absolument incroyable", estimant que Christophe Castaner n'avait "jamais parlé d'attaque délibérée".
vl/ab/APMnews

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