Rémunération du congé d'aidant, forfait post-cancer, prise en charge de l'ASE: Agnès Buzyn évoque des mesures du PLFSS

PARIS, 23 septembre 2019 (APMnews) - La ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, a évoqué dimanche midi certaines mesures qui seront présentes dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) 2020, lors du Grand jury RTL-LCI-Le Figaro.
Agnès Buzyn a notamment abordé la mise en place d'un forfait de prise en charge après cancer, sur les plans diététique, psychologique et de l'activité physique adaptée pour "prévenir les rechutes".
"J'y tenais quand je présidais l'Institut national du cancer (Inca) et quand j'ai rédigé le plan cancer", a-t-elle confié, refusant de chiffrer le coût de cette mesure avant l'ouverture des débats parlementaires.
Elle a ensuite cité la création d'un forfait de parcours de soins pour les 300.000 mineurs suivis par l'aide sociale à l'enfance (ASE). Elle souhaite sécuriser leurs parcours de santé, qu'elle juge aujourd'hui "très erratiques, très mauvais".
Cette mesure s'inscrit dans la feuille de route du gouvernement pour la protection de l'enfance, rappelle-t-on (cf APM VL1PM1N7T).
Agnès Buzyn a ensuite annoncé que le congé de proche aidant serait désormais indemnisé pour une période de trois mois, sans en préciser le montant.
Claudie Kulak, la présidente de l'association "Je t'aide", qui représente les aidants, a toutefois évoqué 40 euros par jour, dans une question à la ministre relative à la création d'un statut d'aidant.
Agnès Buzyn a répondu que si elle n'était pas forcément favorable à la création d'un statut, une réelle reconnaissance s'imposait, et que la question figurait notamment dans le projet de réforme des retraites, via des points de retraite attribués aux aidants (cf APM JYP4PV5HGA).
Interrogée sur un éventuel déficit de 5 milliards d'euros de la sécurité sociale en 2019, Agnès Buzyn a refusé de se prononcer avant la réunion de la commission des comptes de la sécurité sociale (CCSS), désormais prévue lundi 30 septembre (cf APM VG7PXZCW7).
Elle a admis que les mesures d'urgence économiques et sociales (MUES) votées fin 2018 en réponse au mouvement dit des "Gilets jaunes" avait eu un coût, et que la croissance économique avait été plus faible qu'attendu (cf APM VG2PTNM7T), assurant toutefois que le retour à l'équilibre des comptes relevait de son "engagement de ministre".

Une réforme "d'égalité" pour les retraites

Sollicitée sur les mouvements de grève provoqués par les propositions du haut-commissaire à la réforme des retraites Jean-Paul Delevoye, Agnès Buzyn a estimé qu'il n'y avait "pas lieu de bloquer la France".
Le "schéma-cible" proposé pour 2025 contient un régime très proche de l'actuel pour les salariés du privé, a-t-elle estimé, tout en reconnaissant que pour les régimes spéciaux et notamment les infirmiers libéraux et les aides-soignants, le pas à franchir était plus important.
Mais elle considère que les discussions relatives à la phase de transition pour ces régimes, qui pourrait s'étaler sur 15 ou 20 ans, ne faisant que commencer, il n'y avait pas lieu de protester contre cette "réforme d'égalité" visant un "objectif d'équité".

Un million et demi de fumeurs en moins depuis 2017

Agnès Buzyn a ailleurs souligné que le nombre de fumeurs de tabac a diminué de 1,5 million depuis son entrée en fonctions, grâce au remboursement de substituts nicotiniques et à l'augmentation du prix du tabac (cf APM LD4PNMNOZ).
Elle a confirmé la hausse de 50 centimes d'euro du prix du paquet au 1er novembre 2019, avec pour objectif le paquet à 10 euros en 2020.
Interrogée sur les risques sanitaires représentés par le vapotage, elle a assuré que les autorités étaient vigilantes, mais qu'aucune nouvelle mesure restrictive n'était prévue à l'heure actuelle.

"Arrêter les fantasmes" sur l'AME

La ministre a estimé qu'il fallait préserver l'aide médicale de l'Etat (AME) telle qu'elle existe, tout en luttant contre les fraudes et abus, notamment en centralisant les demandes.
Le 11 septembre, la porte-parole du gouvernement Sibeth N'Diaye a annoncé que les modalités de l'AME seraient discutées les 30 septembre et 2 octobre lors d'un débat parlementaire relatif à la politique migratoire, rappelle-t-on (cf APM VL1PXO7TZ).
Agnès Buzyn a assuré que les chiffres relatifs au coût de l'AME seraient donnés le 30 septembre lors de ce débat, et a appelé à "arrêter les fantasmes" sur d'éventuels remboursements de soins esthétiques ou dentaires.
Elle a expliqué la hausse du coût de l'AME par l'augmentation du nombre de bénéficiaires, à 300.000 personnes (+1% par an entre 2017 et 2019), avec en moyenne 2.600 euros de dépenses par personne par an, soit un volume moyen "équivalent" à celui des bénéficiaires de l'assurance maladie, mais en hausse moindre que celui-ci.
Elle s'est félicité que le gouvernement et la majorité "posent tout sur la table" et a rappelé son opposition à la restriction de l'AME aux soins urgents, "car il est très important de soigner les gens tôt, au bon moment, pour éviter les dégradations".
"On va être à la fois humains, et pas naïfs" a-t-elle insisté, en opposition à un discours "binaire, simpliste" chez les opposants à l'AME.
Elle a confié qu'elle "aurait pu signer" la tribune de 805 médecins en faveur du maintien de l'AME, publiée dans le Journal du dimanche.
Concernant l'assistance médicale à la procréation (AMP) dont l'ouverture à toutes les femmes est portée par le projet de loi de bioéthique, actuellement examiné par le Parlement, Agnès Buzyn a réagi à l'avis de l'Académie de médecine, qui s'interrogeait samedi sur les conséquences psychologiques de l'absence de père.
"Ne me dites pas qu'un quart des enfants français, qui naissent dans ces familles, connaissent des difficultés de construction", a-t-elle commenté.
bd/nc/APMnews

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