L'exécutif confirme l'annonce prochaine d'un "plan d'ensemble" pour l'hôpital

LES ABYMES (Guadeloupe), PARIS, 28 octobre 2019 (APMnews) - Les deux chefs de l'exécutif se sont exprimés au cours du week-end sur la "crise" que connaît actuellement le système de santé, l'hôpital en particulier, le premier ministre, Edouard Philippe, confirmant "la description très prochainement d'un plan d'ensemble sur l'hôpital qui permettra de trouver des mesures adaptées".
En visite ce week-end à la Guadeloupe, Edouard Philippe s'est rendu dimanche après-midi aux Abymes sur le chantier du nouveau CHU au côté de la ministre des outre-mer, Annick Girardin.
Les propos du premier ministre viennent confirmer les déclarations mercredi de la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, qui a annoncé la présentation "courant novembre" d'un "plan de soutien pour l'hôpital public" (cf APM EH0PZTL42).
"L'objectif est d'apporter des réponses qui ne soient pas simplement des réponses d'urgence mais qui permettent à long terme d'envisager un hôpital public de qualité", a affirmé Edouard Philippe.
"Il faut regarder la réalité en face, cela fait longtemps que les hôpitaux sont soumis à une régulation budgétaire qui est redoutable pour leur fonctionnement, j'en suis parfaitement conscient en tant que premier ministre", a-t-il continué.
Aussi bien en Guadeloupe qu'en métropole, "il y a une difficulté à exercer correctement le métier exprimée par l'ensemble des personnels qui concourent à l'hôpital public", a-t-il poursuivi. Le gouvernement en est "parfaitement conscient et c'est la raison pour laquelle la ministre des solidarités et de la santé a engagé un grand plan, 'Ma Santé 2022'" et que "certains éléments de réponse" ont été apportés à la crise des urgences par le pacte de refondation (cf APM SL1PXKD4W).
De son côté, le président de la République, Emmanuel Macron, interrogé par RTL à son retour de son déplacement à La Réunion, a reconnu la nécessité d'apporter "une réponse d'urgence" pour répondre à la "crise" actuelle, notamment des services d'urgences.
"Nous avons fait une stratégie très intelligente [mais] qui va mettre 5 à 10 ans à se déployer", a reconnu le chef de l'Etat, soulignant qu'il n'était pas possible de "former des médecins en 6 mois".
"Sans faire un mauvais jeu de mots, on est en train de finaliser une réponse d'urgence dans laquelle il va falloir qu'on remette des moyens parce qu'il faut qu'on réponde aussi à la souffrance des personnels de santé", a-t-il déclaré.
"On a fait un gros travail pour penser l'hôpital de demain et la santé de demain et patatras, on arrive au bout d'un modèle qui tirait sur la corde depuis 10-15 ans et ça craque maintenant", a-t-il observé. "Ce sera beaucoup mieux dans 5 ans, mais il faut aussi qu'aujourd'hui on permette [à l'infirmière] de mieux travailler", a-t-il assuré.

Reconstruction du CHU, "le seul exemple" d'un projet financé à 100% par l'Etat

Concernant la reconstruction du CHU de la Guadeloupe, le projet est "le seul exemple aujourd'hui d'un établissement public hospitalier financé à 100% par l'Etat", a déclaré Edouard Philippe.
Les travaux ont débuté en 2018 (cf APM SYL2PFWV57). Le nouvel établissement d'une capacité de 600 lits et places, répondant aux normes parasismiques, occupera une surface de 85.000 m² (cf APM GDL4PY4SXL). Il remplacera l'actuel site du CHU dont une partie des locaux est toujours inutilisable après l'incendie survenu fin 2017 (cf APM SYL0PYE9JA).
"La fin des travaux est prévue à l'horizon 2022" et "la mise en service de l'hôpital interviendra en 2023", a précisé le premier ministre. "Les travaux avancent en temps et en heure comme il convient."
La reconstruction représente un investissement de "600 millions d'euros". "Les budgets sont pour l'instant tenus et j'espère qu'il en sera ainsi jusqu'à la fin du projet", a-t-il poursuivi. Le projet "est extrêmement ambitieux en termes de qualité d'accueil des malades et de leurs familles, de conditions de travail des personnels, en termes aussi de capacité de résistance à des chocs sismiques ou cycloniques".
Interrogé sur les difficultés que traverse le CHU, Edouard Philippe a assuré qu'"il y a un accompagnement permanent" de l'Etat. Dès l'incendie de fin 2017, "nous avons versé 100 millions d'euros en 2018" et un "accompagnement dans la durée est apporté à la fois pour la trésorerie de l'hôpital et pour qu'il fasse face à cette période difficile".
Le CHU a été confronté cet été à une grève générale accompagnée de blocages notamment du pôle logistique (cf APM SYL7PWJCOF). Le mouvement social a pris fin le 18 septembre avec la signature d'un accord entre la direction et les syndicats (cf APM GDL9PXYX7E).
syl-san/ab/APMnews

Découvrez gratuitement et sans engagement Cliniquesnews.com pendant 7 jours.

Vous voulez informer la rédaction sur un événement se passant dans votre établissement ou votre région (nomination, ouverture d’un service…), écrivez-nous à redaction@cliniquesnews.com