L'Elysée rend hommage à Louis Lareng, "monument de la santé publique" et "visionnaire" de la télémédecine

PARIS, 4 novembre 2019 (APMnews) - Avec le décès dimanche de Louis Lareng, "l'inventeur" du service d'aide médicale urgente (Samu), "la Nation perd un monument de la santé publique" et "les Français un de leurs plus sûrs bienfaiteurs", a affirmé lundi l'Elysée dans un communiqué.
Le Pr Louis Lareng est mort dimanche à l'âge de 96 ans. Pionnier du Samu et fervent défenseur de la télémédecine, il s'est également engagé dans la vie politique à l'échelon national et local. De nombreuses personnalités lui ont rendu hommage depuis l'annonce de son décès (cf APM SAN8Q0FO5).
"L’inventeur du Samu [...] qui, depuis sa création il y a plus d’un demi-siècle, a sauvé tant de vies, s’est éteint", déclare l'Elysée. "Il est des hommes dont la vie change le cours de milliers d’autres. Louis Lareng était de ceux-là."
"Louis Lareng est un destin républicain", affirme l'Elysée. "'Petit paysan' comme il aimait à se définir, orphelin dès l’âge de 2 ans, ce fils d’Ayzac-Ost, un village des Hautes-Pyrénées, dut toute son ascension à l’école de la République."
"Repéré par son instituteur, il obtint une bourse qui lui permit de poursuivre ses études au lycée à Toulouse, avant d’entamer des études de médecine. Se révélant à l’internat une passion pour l’anesthésie-réanimation, il gravit un à un les échelons jusqu’à devenir l’un des premiers professeurs spécialisés dans cette discipline alors en plein essor", relate l'Elysée.
"Dans ces responsabilités où il se familiarisa avec les opérations d’urgence, celles où tout peut basculer pour seulement quelques secondes, Louis Lareng se forgea la conviction qu’il fallait 'amener le médecin au pied de l’arbre' en créant en France un service de médecine d’urgence permettant une prise en charge rapide des patients sur le lieu-même des accidents quelle que soit leur nature. L’idée du Samu était née", continue l'Elysée.
"En un temps où la loi interdisait au médecin de sortir de l’hôpital", le Pr Louis Lareng "expérimenta sa méthode en toute discrétion se rendant, avec quelques collègues, sur les lieux des accidents de la route, où il intervenait souvent à la lueur des gyrophares. Peu à peu, les résultats obtenus et les vies sauvées levèrent les réticences de la communauté médicale face à ce qui était alors perçu comme une révolution copernicienne."
En 1968, "une circulaire mettait en place un service expérimental de réanimation d’urgence à Toulouse. En juillet 1972, la loi le reconnaissait officiellement", précise l'Elysée.
En 1979, "un texte porté par la ministre Simone Veil créait les 'centres 15' qui concrétisaient cette idée encore fondamentale aujourd’hui que les appels d’urgence devaient être régulés par des médecins. Et en 1986, les Samu étaient enfin généralisés à l’ensemble du pays, grâce à une loi défendue par Louis Lareng, devenu en 1981 député de Haute-Garonne".

Pionnier de la télémédecine

Toutefois, son héritage ne se limite pas à la création du Samu. Ce "grand humaniste qu’il était ne cessa en effet de repousser les frontières et d’innover pour sauver toujours davantage de vies", écrit l'Elysée.
En 1989, "il fondit en visionnaire l’Institut de télémédecine, persuadé que les technologies qui ne se nommaient pas encore 'numériques' pouvaient permettre à chaque citoyen de bénéficier, où qu’il habitât, du meilleur de la médecine et de la recherche".
En 1991, il devint "président de la Fédération nationale de protection civile [FNPC], une association à la tête de laquelle il mit tout en oeuvre pour former le plus grand nombre de Français aux premiers secours", poursuit l'Elysée.
"Encore récemment, Louis Lareng était engagé, à l’agence régionale de santé [ARS] Occitanie, dans la mise en place de l’espace numérique de santé."
L'Elysée rend également hommage à l'homme politique local. "Engagé en politique, la grande fierté de celui qui fut député, conseiller régional, conseiller municipal de Toulouse et qui refusa à plusieurs reprises le ministère de la santé, était d’avoir été maire de sa commune natale d'Ayzac-Ost et de ses quelques centaines d'âmes."
"Toutes celles et ceux qui une nuit d’automne, un matin d’hiver, ou un soir d’été, ont vu la vie d’un être cher sauvée grâce à l’intervention rapide du Samu, celles et ceux qui, plus encore, ont été eux-mêmes sauvés par ce service que nous envie le monde, savent ce qu’ils doivent à Louis Lareng. A ce grand humaniste, ce grand médecin, ce grand Français. A cette vie toute entière dévouée au service des autres", conclut l'Elysée.

La SFMU rend hommage à son "maître"

La Société française de médecine d'urgence (SFMU) a rendu hommage lundi dans un communiqué à Louis Lareng, "notre maître". "Avant même l’apparition du web", il "n’a cessé d’innover tout au long de sa longue carrière" en créant l’institut de télémédecine en 1989. "Il n’a jamais pris sa retraite, s’impliquant à l’ARS [Occitanie] jusqu’à ces derniers mois." Il était "ce grand médecin, professeur, homme politique, visionnaire et humaniste" qui "incarnait plus que quiconque le Samu".
syl/ab/APMnews

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