Paca: la capacité en lits de réanimation va être doublée (ARS)

(Par Sylvain LABAUNE)
MARSEILLE, 19 mars 2020 (APMnews) - Les hôpitaux de Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca) s'apprêtent à doubler leurs capacités en lits de réanimation pour faire face à l'accélération de l'épidémie de Covid-19, a déclaré mercredi soir à APMnews Anthony Valdez, directeur de l'organisation des soins de l'agence régionale de santé (ARS).
L'ARS Paca dénombrait mercredi à 15 heures 566 cas de coronavirus (contre 481 cas mardi) dont 178 hospitalisations, 33 personnes en réanimation et 7 décès (cf APM SAN2Q7FIFE).
L'épidémie "prend une courbe qui s'accélère" dans la région, "nous approchons probablement des 600 cas ce soir [mercredi]", a déclaré Anthony Valdez.
"L'enjeu" est aujourd'hui le nombre de places en réanimation, même si "nous ne sommes pas saturés sur notre capacité de départ qui est d'environ 450 lits de réanimation et de 700 lits de surveillance continue", a-t-il continué.
Il y avait mercredi 120 lits de réanimation "encore disponibles", en comptant les prises en charge urgentes hors Covid-19, mais "nous savons que tout peut aller très vite".
Face au risque de saturation, une stratégie de "gradation et d'extension des soins critiques" est actuellement mise en place. Elle a été travaillée "avec les réanimateurs de chaque GHT" (groupement hospitalier de territoire).
Cette stratégie comprend "plusieurs stades à activer", permettant "d'augmenter, de doubler, voire de tripler" les capacités en réanimation, poursuit-il.
"Il y a encore une semaine nous avions beaucoup moins de disponibilités, ce qui veut dire que les établissements jouent le jeu et nous avons beaucoup insisté pour libérer des capacités et faire sortir les patients [non urgents]". Les établissements privés "participent également à cet effort", rapporte-t-il.

Passage de 450 à 801 lits de réanimation

Le stade 1 de la stratégie a été activé. L'ARS a demandé dans ce cadre aux établissements de doubler leur capacité en lits de réanimation pour atteindre prochainement 801 lits, "dont 661 dédiés à la prise de patients Covid-19". Il en restera donc environ 200 pour les urgences vitales, hors coronavirus.
Seuls les établissements de la 1re et 2e ligne "dits Covid-19" sont mobilisés lors du stade 1 car "on veut concentrer les patients à haute densité virale sur ces établissements tant qu'on peut". Pour la 1re ligne, il s'agit du CHU de Nice et de l'Assistance publique-hôpitaux de Marseille (AP-HM).
La 2e ligne est composée:
  • dans les Alpes-de-Haute-Provence: du centre hospitalier (CH) de Digne
  • dans les Hautes-Alpes: du CH de Gap et de Briançon
  • dans les Alpes-Maritimes: du CH de Cannes
  • dans les Bouches-du-Rhône: de l’Hôpital d'instruction des armées (HIA) Laveran à Marseille, du centre hospitalier intercommunal (CHI) Aix-Pertuis et de l’Hôpital européen à Marseille
  • dans le Var: du CHI Toulon-La Seyne-sur-Mer et de l'HIA Sainte-Anne à Toulon
  • dans le Vaucluse: du CH d'Avignon.
"Nous n'activons pas pour l'instant la phase 2" qui prévoit une extension du périmètre à d'autres établissement ayant un service de réanimation.
Pour atteindre les 801 lits de réanimation, "nous organisons le transfert de la surveillance continue en réanimation", mais également l'ouverture de "nouvelles capacités avec des unités anciennement fermées qui ont pu être rouvertes et armées rapidement", explique Anthony Valdez.
Par ailleurs, "on sanctuarise 300 lits dans la région sur les filières cardiovasculaires, neurovasculaires et néphrologie en soins intensifs". Ces lits "ne sont pas mobilisés Covid-19 car ce sont des urgences thématisées pour lesquelles il faut maintenir la prise en charge", ajoute-t-il.

Présentation des phases 2 et 3

"Si jamais les 801 lits de réanimation sont saturés, nous activerons la phase 2" avec la mobilisation de "12 établissements supplémentaires, publics ou privés, dont les lits de réanimation et la capacité de surveillance continue" seront augmentés, explique le directeur de l'organisation des soins.
Avec le stade 2, la région est en mesure de passer "d'une capacité de 801 lits de réanimation à 981 lits".
"Si jamais ces 981 lits sont saturés, on activera la phase 3 qui correspond à l'activité des salle de surveillance post-interventionnelle [SSPI]". Cela consiste à "prendre certains blocs opératoires (salles de réveil et salles d'intervention) pour les transformer en réanimation" et "rajouter ainsi environ 200 lits".
La "seule contrainte" lors d'un éventuel passage au stade 2, "c'est est-ce qu'on aura bien assez de personnels formés pour la réanimation?" Il faudra permettre une formation rapide des professionnels de santé, analyse-t-il. Mais "nous sommes bons en termes de capacité en lits et de respirateurs, même si ce type de matériel va être renforcé par sécurité".
Pour l'instant, le déploiement de la stratégie se fait "dans un très bon état d'esprit, de tous", poursuit-il. "Nous aurons 35 sites géographiques concernés par le dispositif de réanimation, auquel s'ajoute Monaco qui a annoncé mettre à disposition ses capacités."
syl/syl/nc/APMnews

Découvrez gratuitement et sans engagement Cliniquesnews.com pendant 7 jours.

Vous voulez informer la rédaction sur un événement se passant dans votre établissement ou votre région (nomination, ouverture d’un service…), écrivez-nous à redaction@cliniquesnews.com