Coronavirus: pour Olivier Véran, la France doit tendre vers "un dépistage massif"

PARIS, 21 mars 2020 (APMnews) - La France doit changer "rapidement" de stratégie en matière de tests de détection du coronavirus Covid-19 afin de tendre vers un "dépistage massif", a déclaré le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, samedi lors d'un point presse.
Conformément aux premières recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la France a choisi jusqu'à présent de n'effectuer des tests que sur les personnes les plus symptomatiques (cf APM FB1Q7G0KV).
"Nous avons fait jusqu’ici le choix d'un usage rationnel, raisonnable et raisonné des tests", a souligné Olivier Véran. "Rationnel, car il y a une logique qui prévaut lors de chaque épidémie: ne pas dépister de manière systématique mais baser le suivi sur la surveillance des symptômes." Et "raisonné, car réaliser des tests mobilise d'importantes ressources", humaines ou en "réactifs".
"Depuis le 1er jour [de l'apparition du virus], nous nous sommes parfaitement alignés sur les recommandations et pratiques internationales", a-t-il assuré. "Aux stades 1 et 2, nous avons testé l'ensemble des cas contacts des personnes malades".
"Nous avons fait un choix, comme la plupart des pays et conformément aux recommandations de la Commission européenne, de réserver les tests à des publics prioritaires", a ajouté le ministre. "Les personnes ciblées sont [jusqu'à présent] celles les plus à risque: les professionnels de santé et les personnes âgées symptomatiques, les personnes avec des difficultés respiratoires sévères ou des maladies chroniques, les personnes hospitalisées", a-t-il indiqué en mentionnant également les nouveaux foyers d'apparition du coronavirus.
En outre, la France a fait le choix de prioriser les "femmes enceintes, les donneurs d'organes, de cellules, et de tissus". Chaque jour, ce sont "4.000 tests qui sont réalisés sur ces personnes" pour un total "supérieur à 60.000 tests" depuis le début de la crise sanitaire, a-t-il précisé.
Actuellement, "70 laboratoires, en plus des 50 déjà équipés, sont en capacité de réaliser des tests", a souligné Olivier Véran.

Il faut "tester" et encore "tester" en prévision de la fin du confinement

La stratégie de dépistage doit "évoluer rapidement" car, "on le sait aujourd'hui", près de la moitié des porteurs du Covid-19 ne présente pas de symptômes, a déclaré le ministre de la santé.
Le directeur général de l'OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, "a délivré lundi ce message: [il faut] tester, tester, tester".
La capacité journalière de tests doit pour cela "rapidement augmenter", a-t-il poursuivi. Ce n'est pas "une hypothèse de travail mais un impératif de santé publique, la doctrine d'usage raisonné et rationnel des tests doit évoluer".
"La France doit donc désormais suivre" la voie d'un "dépistage massif". C'est sur cette base "que nous pourrions être amenés à accroître notre surveillance une fois le confinement levé".
"L'enjeu, c'est d'être en mesure de multiplier notre capacité de tests au moment où nous lèverons le confinement", a-t-il insisté. "Nous travaillons actuellement avec l'ensemble des industriels en France, comme à l'étranger, pour augmenter ces capacités de tests dans les plus brefs délais".
Olivier Véran a par ailleurs annoncé que la France pourrait disposer "d'ici quelques semaines" d'une "nouvelle méthode de diagnostic", qui sera "plus simple, plus rapide et plus largement diffusable sur tout le territoire national".
"L'espoir est dans la recherche", a-t-il déclaré. "Si demain un traitement peut démontrer son efficacité, [je veux] m'assur[er] que les Français puissent en disposer sans délais", a-t-il par ailleurs précisé.
Lors de la conférence de presse, Olivier Véran a également longuement évoqué la question des masques et notamment annoncé que plusieurs commandes, pour plus de 250 millions de masques, avaient été passées (cf APM AF8Q7CHB2).
syl/san/APMnews polsan-une

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