La charge virale semble plus élevée dans les formes graves de Covid-19

LONDRES, 20 mars 2020 (APMnews) - Les patients souffrant d'une forme grave de Covid-19 semblent présenter une charge virale plus élevée que ceux atteints d'une forme bénigne, rapportent des chercheurs chinois dans une correspondance publiée jeudi dans The Lancet Infectious Diseases, estimant de fait que la mesure de la charge virale pourrait permettre d'évaluer la sévérité de la maladie.
Alors qu'il a été montré que le spectre clinique de l'infection par le coronavirus Sars-CoV-2 était très hétérogène, Yang Liu du First Affiliated Hospital of Nanchang University en Chine et ses collègues ont souhaité comparer la charge virale et le profil d'excrétion virale des patients, selon qu'ils souffrent d'une forme grave ou d'une forme légère de la maladie.
Dans de précédentes études, ils avaient rapporté que la charge virale atteignait un pic au cours de la première semaine suivant le début de la maladie.
Leur analyse a porté sur 76 patients présentant une infection à Sars-CoV-2 confirmée par PCR et hospitalisés entre le 21 janvier et le 4 février au First Affiliated Hospital of Nanchang University. Sur la base de critères cliniques, 46 ont été classés comme des cas légers et 30 comme des cas sévères.
Pour être classés en cas sévère, les patients devaient remplir au moins un des critères suivants: une détresse respiratoire (au moins 30 respirations par minute), une saturation en oxygène au repos inférieure ou égale à 93%, un ratio entre la pression partielle en oxygène artériel et la concentration en oxygène dans l'air inspiré inférieur ou égal à 300 mmHg, une complication grave (insuffisance respiratoire, besoin d'une ventilation mécanique, choc septique ou défaillance d'un organe non respiratoire).
Les cas sévères (56 ans en moyenne) étaient significativement plus âgés que les cas légers (44 ans).
Les chercheurs ont observé que la charge virale moyenne, mesurée dans les prélèvements nasopharyngés des patients, était 60 fois plus élevée chez les cas sévères que chez les cas bénins. Une différence significative de la charge virale en fonction de la sévérité du cas a été constatée au cours des 12 jours suivant le début des symptômes.
Une analyse séquentielle a en outre été menée chez 21 cas bénins et 10 cas graves. Elle montre que l'essentiel des cas bénins ont présenté une clairance virale relativement rapide, 90% d'entre eux ayant été testés négatifs à plusieurs reprises à partir du 10e jour après le début des symptômes. A l'inverse, tous les cas graves étaient encore positifs pour le coronavirus au 10e jour et au-delà.
Les chercheurs en concluent que de façon similaire à ce qui avait été observé pour le Sras en 2002-2003, les patients atteints d'une forme grave de Covid-19 ont tendance à avoir une charge virale élevée et une période d'excrétion virale longue.
Ils estiment de fait que la charge virale pourrait représenter un marqueur intéressant pour évaluer la sévérité de la maladie et son pronostic.
(The Lancet Infectious Diseases, publication en ligne du 19 mars)
sb/ab/APMnews

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