Coronavirus: quoi de neuf depuis jeudi? (synthèse)

PARIS, 12 mai 2020 (APMnews) - Face à une actualité riche et inédite, APMnews propose à ses lecteurs, deux fois par semaine (cf APM GB4Q9YW7V), un retour sur l’essentiel des informations liées à l’épidémie de Covid-19 des jours précédents, pour offrir une vue d'ensemble en quelques minutes.
Le Covid-19 a fait 26.991 décès en France depuis le 1er mars (+348 vs lundi), dont 17.003 en milieu hospitalier et 9.988 dans les établissements sociaux et médico-sociaux. Selon la direction générale de la santé (DGS), 21.595 patients étaient encore hospitalisés mardi (-689 en 24 heures), dont 2.542 en réanimation (-170).
Au niveau mondial, plus de 4,2 millions cas d'infection et plus de 288.000 décès sont rapportés, dont 81.076 aux Etats-Unis et 32.692 au Royaume-Uni, selon l'université américaine Johns Hopkins.
En France, le déconfinement a débuté lundi avec la réouverture des commerces et de certaines écoles, l'autorisation des regroupements de 10 personnes, et une obligation de remplir une attestation pour les déplacements interdépartementaux à plus de 100 km de son domicile.
Le virus n'étant pas éradiqué, les autorités sanitaires ont demandé à la population de continuer à respecter les gestes barrières et la distanciation physique. En outre, dans les départements classés en rouge (en raison de capacités de réanimation toujours tendues et d'une circulation du virus encore active), parcs et jardins restent fermés, ce que déplore notamment la maire de Paris, Anne Hidalgo.
L'objectif est d'éviter les rassemblements propices à la propagation du virus. A Paris, la consommation d’alcool sur les berges de Seine et le canal Saint-Martin a ainsi été interdite par la préfecture après l'évacuation par les forces de l'ordre lundi de dizaines de personnes regroupées au bord du canal à l’heure de l’apéritif.
Au moins cinq foyers épidémiques ont été détectés depuis la semaine dernière: dans un collège dans la Vienne, en Dordogne à la suite d’un enterrement, dans une entreprise agroalimentaire en Vendée, dans un foyer de jeunes travailleurs des Hauts-de-Seine et au sein du centre hospitalier (CH) de Lannion (Côtes-d'Armor).
Au niveau législatif, le déconfinement devait être encadré dès le 11 mai par une loi adoptée samedi à l’issue d’un accord entre le Sénat et l’Assemblée nationale. Mais le Conseil constitutionnel, saisi par l’Elysée, la présidence du Sénat, des députés et des sénateurs, ne s’était pas prononcé dimanche soir, empêchant la publication du texte à temps et obligeant le gouvernement à prendre un décret transitoire.
Le Conseil constitutionnel a finalement rendu sa décision lundi et validé l'essentiel de cette loi publiée dès ce mardi au Journal officiel. Un décret et un arrêté l'accompagnent.
La loi proroge notamment l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 10 juillet, soit deux semaines de moins que ce que souhaitait le gouvernement. Elle prévoit aussi la mise en quarantaine des personnes arrivant sur le territoire français, l’isolement des cas positifs au Covid-19 et le traçage de leurs contacts sur la base d’un système d’information ad hoc.
Le déploiement de ce système a été fortement encadré par les parlementaires, qui ont émis des craintes sur la dérogation au secret médical prévue dans le dispositif. Le Conseil constitutionnel a d'ailleurs censuré un point de la loi autorisant les organismes chargés de l’accompagnement social à accéder au système d'information.

Publication du rapport de Jean Castex

Dans son rapport mis en ligne lundi, le "Monsieur déconfinement" du gouvernement français, Jean Castex, prévient qu’il est nécessaire de se préparer à un éventuel retour de l’épidémie en l’absence de vaccin et de traitement. "Un reconfinement en urgence doit être anticipé", considère-t-il.
Selon lui, "la possibilité d'une réversibilité des mesures doit toujours pouvoir être offerte et l'éventualité d'un reconfinement en urgence doit rester dans les esprits et être anticipée par les pouvoirs publics". Il recommande ainsi de "désarmer" progressivement les lits de réanimation, dont le nombre avait doublé pour passer à plus de 10.000. Leur réouverture doit pouvoir se faire "très rapidement (dans des délais de 24, 48 ou 72 heures selon les lits) pour faire face à un nouvel afflux de patients".
En plus des gestes barrières et de la distanciation physique, le gouvernement compte sur les masques pour éviter une deuxième vague. Le port de cet équipement de protection est obligatoire dans les transports en commun et certains commerces, et est seulement recommandé dans les autres situations. Plusieurs maires, dont Anne Hidalgo, souhaitent que le masque soit rendu obligatoire dans l'espace public.
Samedi lors d’une conférence de presse, la secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’économie et des finances, Agnès Pannier-Runacher, a assuré que 200 millions de masques seraient disponibles sur une base hebdomadaire à compter de cette semaine: 100 millions de masques chirurgicaux ou FFP2 (issus du stock d'Etat pour les soignants et certains patients) et 100 millions de masques "grand public" (masques chirurgicaux ou en tissu lavable).
La Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) a indiqué à APMnews que, depuis lundi, les officinaux étaient rémunérés 2 euros par l'assurance maladie pour chaque délivrance de masques sanitaires aux patients atteints du Covid-19, aux patients contacts ainsi qu'aux patients à très haut risque médical. L'assurance maladie aurait aussi acté le principe d'une indemnisation pour la distribution de masques aux professionnels de santé.

Masques: baisse de la TVA, nouveaux fabricants français

En application de la deuxième loi de finances rectificatives (LFR) pour 2020, le taux de TVA applicable aux masques et aux gels hydro-alcooliques a été réduit à 20% à 5,5% jusqu’à la fin 2021 par un arrêté publié vendredi.
Egalement présent samedi aux côté d'Agnès Pannier-Runacher, le ministre de l'intérieur, Christophe Castaner, a annoncé que 10 millions de masques avaient donnés gratuitement aux opérateurs de transport pour qu'ils puissent les fournir à leurs usagers, dont 4,4 millions en Ile-de-France. En outre, 30 millions de produits jetables seront livrés aux préfets pour les fonctionnaires (hors santé et éducation nationale).
S’exprimant dimanche sur France 3, Agnès Pannier-Runacher a fait savoir que l’Etat allait signer "dans les prochains jours" un contrat avec quatre entreprises françaises se lançant dans la production de masques chirurgicaux et FFP2, ce qui permettra de réduire la dépendance de la France par rapport à la Chine.
Elle n’a cité que le nom de "Brocéliande", en référence à l’annonce faite fin avril par le groupement Les Mousquetaires (réseau Intermarché, Bricomarché, etc.), qui souhaite relancer la fabrication de masques sur un site dans le Morbihan à compter de fin juillet.

Reprise des admissions et accueils de jour dans les Ehpad, sous conditions

Dans les établissements, les consignes applicables aux établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) ont évolué depuis lundi, avec un léger assouplissement des admissions en hébergement permanent et temporaire.
Si "les consignes nationales relatives aux visites des proches dans les établissements restent inchangées", les directions sont encouragées à rouvrir, avec prudence et sous conditions, leur établissement à de nouveaux résidents, est-il indiqué dans un document diffusé dimanche par le ministère des solidarités et de la santé.
Mardi à l'Assemblée nationale, la ministre du travail, Muriel Pénicaud, s'est dite favorable à un proposition de plusieurs députés de la majorité d'autoriser les salariés à faire don d'une partie de leurs congés payés ou RTT aux soignants. Le dispositif, qui soulève "toute une série de questions", pourrait être "coupler avec les chèques vacances" afin de soutenir le secteur du tourisme, a-t-elle indiqué.
A l’international, la Chine s’est déclarée vendredi en faveur de la création, après l’épidémie, d’une commission pilotée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) afin d’évaluer la réponse mondiale à l’épidémie de Covid-19.
Plusieurs pays dont la France ont appelé ces dernières semaines à plus de transparence de la Chine sur sa gestion de la crise. D’autres comme les Etats-Unis ont demandé une enquête internationale. Washington affirme notamment que le virus n’est pas parti d’un marché aux animaux de Wuhan, comme le pensent de nombreux experts, mais qu’il s’est échappé du laboratoire P4 de la ville.
Côté recherche, une étude observationnelle américaine publiée jeudi dans le New England Journal of Medicine (NEJM) s'est une nouvelle fois révélée négative pour l'hydroxychloroquine dans le Covid-19. Les chercheurs ont observé un risque d'intubation ou de décès plus que doublé à l'hôpital avec ce produit défendu par le Pr Didier Raoult. Après ajustements en fonction de différents facteurs confondants, ils n'ont trouvé aucune différence significative en termes d'intubation ou de décès.
Le remdésivir (Gilead) a quant à été autorisé aux Etats-Unis et au Japon dans les formes graves de Covid-19 sur la base de résultats préliminaires positifs. En Europe, le comité des médicaments à usage humain (CMUH) de l'Agence européenne du médicament (EMA) a recommandé lundi d'étendre l'usage compassionnel du produit afin de traiter davantage de patients. Le département américain de la santé a annoncé samedi que les Etats-Unis recevront environ 40% des 1,5 million de doses disponibles lors des six prochaines semaines.
gb/eh/APMnews

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