Syndrome pédiatrique de type Kawasaki potentiellement lié au Covid-19: 125 signalements en France

PARIS, 14 mai 2020 (APMnews) - Depuis le 1er mars, 125 signalements de syndromes pédiatriques atypiques de type Kawasaki potentiellement en lien avec le Covid-19 ont été rapportés en France, a annoncé Santé publique France jeudi soir dans son point épidémiologique hebdomadaire.
Le nombre de cas semble toutefois actuellement en phase de régression.
L'agence explique avoir été informée le 27 avril 2020 par un groupe de pédiatres de l’identification de "cas de myocardite avec état de choc cardiogénique survenus en Ile-de-France chez des enfants avec une infection Covid-19 récente" (cf APM CD6Q9LULW et APM CD0QA8BTL). Les symptômes présentés faisaient penser à ceux de la maladie de Kawasaki, "mais avec une note inflammatoire et myocardique beaucoup plus marquée".
Des alertes ont été lancées dans plusieurs autres pays également.
Un état des lieux auprès des pédiatres hospitaliers doit recenser sur l'ensemble du territoire les cas similaires, et ce de manière rétrospective depuis le 1er mars.
Au 12 mai, "125 signalements de maladies systémiques atypiques pédiatriques confirmées ou suspectées d’être en lien avec le Covid-19 et survenus depuis le 1er mars 2020, ont été rapportés", indique Santé publique France.
La majorité des cas a été rencontrée chez 5-9 ans (33%), les 10-14 ans (28%) et les 1-4 ans (26%), tandis que 6% des cas ont moins d'un an et 7% ont 15 ans ou plus.
"Les manifestations cliniques étaient constituées de syndromes d’inflammation systémique avec myocardite pour 72 patients, de syndromes d’inflammation systémique sans myocardite pour 47 patients (6 en attente de classement)", précise l'agence.
Un garçon âgé de 9 ans, présentant une comorbidité neurodéveloppementale, est décédé dans un tableau d’inflammation systémique avec myocardite. Sa sérologie vis-à-vis du Covid-19 était positive.
Parmi ces cas, 65 enfants ont été admis en réanimation, et 25 en unité de soins critiques. Les autres enfants ont été hospitalisés en service de pédiatrie.
Une PCR et/ou une sérologie positive étaient présentes dans 52% des cas, un lien avec le virus a été désigné comme probable dans 12% des cas, tandis que les résultats étaient encore en attente pour 23% des patients, et le statut inconnu pour les autres.
"Ces résultats sont très en faveur d’un lien entre l’infection par le Sars-CoV-2 et cette pathologie", commente Santé publique France.

Nette diminution des cas début mai

La distribution des cas par semaine de début des signes montre que ces cas sont en régression au cours de la semaine 19 (du lundi 4 au dimanche 10 mai) (7 cas), après un pic atteint à la semaine 17 (du lundi 20 avril au dimanche 26 avril) (35 cas). 24 cas étaient dénombrés pendant la semaine 16 et 30 cas pendant la semaine 18.
Cette distribution montre un décalage du pic de 3 à 4 semaines par rapport à la distribution des hospitalisations pour Covid-19. "La comparaison des courbes d’hospitalisation pour Covid-19 et pour cette pathologie est en faveur d’un délai moyen de survenue de ces maladies inflammatoires systémiques de 4 semaines après l’infection par le Sars-CoV-2", souligne Santé publique France.
La répartition régionale montre que plus de la moitié des cas (58%, 73 cas) sont survenus en Ile-de-France, 12 dans le Grand-Est, 11 en Paca et 9 en Auvergne-Rhône-Alpes. Quelques cas ont été rapportés dans d'autres régions, mais aucun cas en Bretagne, Corse et Occitanie. Dans les régions ultramarines, 2 cas ont été rapportés en Guadeloupe.
"Au total, les données recueillies confirment l’émergence d’un syndrome inflammatoire systémique rare chez l’enfant avec fréquente atteinte cardiaque, lié à l’épidémie de Covid-19, également observée dans d’autres pays", conclut l'agence.
cd/vl/APMnews polsan-une

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