Coronavirus: quoi de neuf depuis mardi? (synthèse)

PARIS, 15 mai 2020 (APMnews) - Face à une actualité riche et inédite, APMnews propose à ses lecteurs, deux fois par semaine (cf APM GB3QA7XJZ), un retour sur l’essentiel des informations liées à l’épidémie de Covid-19 des jours précédents, pour offrir une vue d'ensemble en quelques minutes.
En France, 27.529 décès en lien avec le Covid-19 ont été enregistrés depuis le 1er mars (+104 par rapport à jeudi), dont 17.342 en milieu hospitalier et 10.187 dans les établissements sociaux et médico-sociaux. 19.861 patients étaient hospitalisés vendredi, dont 2.203 en réanimation (-96).
Dans une étude publiée dans la revue Science mercredi, une équipe de l’Institut Pasteur estime que 4,4% de la population française (soit 2,8 millions de personnes) avaient été infectés par le nouveau coronavirus Sars-CoV-2 au 11 mai. Une première estimation de 5,7% avait été avancée il y a trois semaines.
Pour l’Institut Pasteur, ces résultats suggèrent que, sans vaccin, le niveau d'immunité de la population "ne sera pas suffisant pour éviter une seconde vague après le déconfinement" et qu'il faut donc maintenir "des mesures de contrôle efficace" pour "éviter un rebond",
Selon l'université américaine Johns Hopkins, près de 5 millions cas d'infection ont été répertoriés au niveau mondial et près de 305.000 décès, dont 86.228 aux Etats-Unis et 33.998 au Royaume-Uni.
Mercredi lors d’une conférence de presse, le Dr Michael Ryan, en charge de la gestion des situations d’urgence sanitaire à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a considéré qu’il était "très difficile de dire quand nous pourrons vaincre" le nouveau coronavirus. "Ce virus pourrait devenir endémique dans nos communautés, il pourrait ne jamais disparaître", a-t-il ajouté, alors que plusieurs pays ont entamé une levée progressive des mesures imposées pour freiner l’épidémie. En France, le déconfinement a débuté lundi.
Selon la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, s'exprimant mercredi à la sortie du conseil des ministres, le président de la République, Emmanuel Macron, a évoqué trois échéances à court terme: celle du 2 juin (car "en fonction de l'évolution de l'épidémie, le déconfinement pourra franchir une nouvelle étape après le week-end de la Pentecôte"), celle des vacances d’été (qui "pose des questions spécifiques en matière de déplacements sur le territoire national et à l'étranger") et celle, "possible mais incertaine", d’un reconfinement en cas de retour de l’épidémie.
Alors que le chef de l’Etat s’est entretenu mercredi après-midi avec les préfets de région et les directeurs généraux des agences régionales de santé (ARS) pour faire le point sur le déconfinement, le premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé jeudi que "les Français pourr[aient] partir en vacances en France" en juillet et août.
A l'issue du conseil des ministres, l’exécutif a fait savoir que les personnels qui se sont "dévoués" lors de l'épidémie bénéficieront de plusieurs marques de reconnaissance de la Nation, dont un hommage à l'occasion du 14 juillet.
Autre signe de reconnaissance, le gouvernement a publié vendredi le décret relatif à la prime exceptionnelle versée au personnel des hôpitaux publics. Un autre décret crée une prime pour les agents de la fonction publique territoriale et de l’Etat.
La prime hospitalière s'élève à 1.500 euros pour les personnels des établissements situés dans les 40 départements les plus touchés par l’épidémie et pour ceux ayant travaillé dans les quelque 80 établissements ayant accueilli des malades du Covid-19 en-dehors des 40 départements. Elle est de 500 euros pour les autres. La prime sera exempte de fiscalité et de cotisations sociales. Elle sera versée en mai ou en juin (du fait de la publication tardive du décret).

"Ma santé 2022", une "erreur" pour Emmanuel Macron

Lors d’un entretien avec des représentants hospitaliers jeudi, Emmanuel Macron a indiqué qu’il comptait tirer les enseignements de la crise sanitaire pour bâtir son plan de refonte du système de santé. Selon des informations transmises à APMnews par l'Elysée, le président a identifié deux sujets prioritaires: le besoin de redonner de l'attractivité aux professions médicales et paramédicales hospitalières (par la revalorisation des salaires et des carrières et le développement des nouveaux métiers) d'une part, et la réforme du modèle de financement de l'hôpital et la fin de la tarification à l'activité (T2A) d'autre part.
Vendredi lors d’un déplacement à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (AP-HP, Paris), le chef de l'Etat a insisté sur la nécessité de "mettre fin" à la "paupérisation" des soignants, selon des propos rapportés par Le Monde. Il a aussi reconnu une "erreur" sur la réforme "Ma santé 2022", engagée en septembre 2018. "On croyait qu'on était vraiment en train de changer les choses", a-t-il déclaré.
Selon le Collectif inter-hôpitaux (CIH), Emmanuel Macron a promis d'aller vite sur la future réforme et évoqué un "Ségur de la santé" que le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, devra rapidement mettre en place.
Plusieurs syndicats et collectifs, dont l'Association des médecins urgentistes de France (Amuf), la CGT, le CIH et le collectif inter-urgences, ont fait savoir vendredi qu'ils envisageaient d'organiser une "journée nationale de mobilisation" pour l'hôpital public à la mi-juin.
Côté Parlement, l'Assemblée nationale a adopté vendredi en première lecture un projet de loi habilitant le gouvernement à prendre une nouvelle salve d'ordonnances. Les députés ont toutefois inscrit plusieurs mesures directement dans le texte, dont la possibilité d'étendre la dérogation à la règle de remboursement de la mise à disposition d’un agent public auprès d’un établissement public de santé (qui est aujourd'hui limitée aux agents issus de la fonction publique de l'Etat). Le projet de loi sera discuté par la commission des lois du Sénat mercredi 20 mai, en vue d'un examen en séance publique mardi 26 mai.

Evolution sur la rémunération pour le traçage des cas contacts

A l'Assemblée nationale, une "mission flash" a estimé mercredi que le déficit de la sécurité sociale en 2020 pourrait largement dépasser les 41 milliards d'euros évoqués le 22 avril dans le scénario "optimiste" du ministre de l'action et des comptes publics, Gérald Darmanin. Ce déficit pourrait même être doublé, selon la mission.
Invité mercredi de l’Association des journalistes de l’information sociale (Ajis), le directeur général de la Caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam), Nicolas Revel, a rapporté que ses services avaient reçu 103.000 demandes de professionnels de santé libéraux souhaitant bénéficier de l'aide financière créée pour compenser les pertes d'activité liées au Covid-19. Le montant des indemnités se situe entre 300 millions et 400 millions d'euros et devrait augmenter dans les prochaines semaine, le dispositif ayant vocation à "se réactiver" fin mai.
Pour les pharmaciens, Nicolas Revel a en outre confirmé la création de deux honoraires: un premier de 1 euro pour la délivrance de masques pour une semaine aux patients vulnérables et un second de 2 euros pour les délivrances de plus de 14 jours.
Il a par ailleurs expliqué avoir revu ses projets de rémunération pour la recherche des cas contacts des patients infectés. Les médecins libéraux seront rémunérés avec une consultation majorée à 55 euros pour l'identification des cas contacts du cercle familial. En dehors de ce cercle, l’assurance maladie avait d'abord prévu de leur verser 2 à 4 euros par cas contact mais envisage désormais de les autoriser à coter une consultation supplémentaire.
Pour permettre le traçage de l'épidémie, deux systèmes d'information -Sidep (centralisation des résultats des tests de dépistage virologique) et Contact Covid (identification et prise en charge des contacts des personnes infectées)- ont été créés par un décret publié mercredi. Ces fichiers seront notamment alimentés par les médecins et les "brigades" chargées du traçage des contacts et par les laboratoires de biologie médicale.
En vertu d'un arrêté publié mercredi, le remboursement des tests de dépistage effectués par les laboratoires est conditionné au versement des données afférentes dans Sidep et Contact Covid et à la facturation d'un acte pour ce traitement de données.

Vaccin anti-Covid-19: vive polémique autour de Sanofi

La recherche de traitements et vaccins anti-Covid-19 bat son plein. Le directeur général de Sanofi, Paul Hudson, a déclenché une polémique en déclarant mercredi que les Etats-Unis auront "droit à la plus grosse pré-commande" du vaccin qu’il codéveloppe avec GlaxoSmithKline (GSK), justifiant cette déclaration par la participation financière de la première puissance mondiale aux travaux de recherche.
En réaction à ces propos, Edouard Philippe a estimé jeudi sur Twitter que "l'égal accès de tous au vaccin n'est pas négociable". "Je viens de le rappeler à Serge Weinberg qui préside Sanofi [...] Il m'a donné toutes les assurances nécessaires quant à la distribution en France d'un éventuel vaccin Sanofi", a-t-il ajouté. L’Elysée a indiqué avoir convoqué les dirigeants du groupe la semaine prochaine.
Interviewé jeudi lors du 20 Heures de France 2, Serge Weinberg, qui est proche d’Emmanuel Macron, a assuré qu’il n’y aurait "aucune avance particulière d'aucun pays" pour l'accès au futur vaccin. Il a précisé que l’aide financière américaine impliquait une priorité des Etats-Unis sur les vaccins produits sur le sol américain, "mais en aucun cas sur les usines françaises et européennes".
"Notre position a toujours été de considérer que les vaccins étaient un bien commun qui devait être accessible à la plus grande partie des populations", a-t-il assuré, alors que plus de 140 personnalités et dirigeants ont demandé jeudi dans une lettre ouverte que les futurs vaccins et traitements contre le coronavirus soient fournis "gratuitement à tous".
Côté traitements, le grand essai européen Discovery, pour lequel de premières données avaient été promises jeudi par Emmanuel Macron, n’a toujours pas donné de résultats. Le comité de surveillance de l’essai a jugé qu'il devait encore se poursuivre et inclure de nouveaux patients, selon des propos du médecin français Yazdan Yazdanpanah rapportés jeudi par plusieurs médias.
gb/eh/APMnews

Découvrez gratuitement et sans engagement Cliniquesnews.com pendant 7 jours.

Vous voulez informer la rédaction sur un événement se passant dans votre établissement ou votre région (nomination, ouverture d’un service…), écrivez-nous à redaction@cliniquesnews.com