"Ségur de la santé": vif mécontentement des intersyndicales de médecins hospitaliers et de 5 syndicats de la FPH

PARIS, 19 mai 2020 (APMnews) - Les six intersyndicales de praticiens hospitaliers (Snam-HP, Jeunes médecins, CMH, INPH, AH, APH) d'une part, et cinq organisations représentatives des agents de la fonction publique hospitalière (CFDT, CGT, FO, SUD et Unsa santé-sociaux) d'autre part, ont dénoncé la manière dont a été annoncée l'organisation d'un "Ségur de la santé" et réclamé des précisions officielles, dans des communiqués.
Faisant référence à l'implantation de l'ancienne entrée du ministère de la santé, avenue de Ségur, (aujourd'hui située avenue Duquesne), le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, a annoncé dimanche le lancement d'un "Ségur de la santé" le lundi 25 mai (cf APM GL0QAGZFN). Cette annonce a été faite après de premières déclarations du président de la République, Emmanuel Macron, auprès de certains hospitaliers (cf APM SL3QADFQ3).
Dans un communiqué commun, diffusé lundi soir, les Drs Sadek Beloucif (président du Snam-HP), Emanuel Loeb (président de Jeunes médecins), Norbert Skurnik (président de la Coordination médicale hospitalière -CMH), Rachel Bocher (présidente de l'Intersyndicat national des praticiens hospitaliers -INPH), Jean-François Cibien (président d'Avenir hospitalier -AH- et vice-président d'Action praticiens hôpital -APH) et Jacques Trévidic (président de la Confédération des praticiens des hôpitaux -CPH- et d'APH) "prennent acte de l’annonce par le gouvernement de l’ouverture imminente de la négociation indispensable sur l’avenir du système de santé".
"Ce lancement, effectué à grand renfort de médiatisation, nous laisse perplexes sur la conception que les pouvoirs publics ont du dialogue social", commentent-ils.
"Plutôt que de s’adresser aux syndicats représentatifs des personnels hospitaliers, l’exécutif choisit ses propres interlocuteurs et utilise les médias nationaux pour informer les professionnels hospitaliers", dénoncent-ils en y voyant "un très mauvais message".
"Après plus de 2 mois de lutte contre une pandémie qui a éprouvé durement les limites de notre système de santé et épuisé les professionnels, tant en métropole que dans les territoires ultramarins, il serait temps que le gouvernement s’attache à concrétiser les promesses du président de la République", affirment les organisations qui "exige[nt] des actes concrets, un calendrier resserré et un dialogue social de qualité et non plus des concertations sans fin".
Elles demandent elles-mêmes "un financement à la hauteur des besoins de nos concitoyens, une gouvernance hospitalière rénovée associant les professionnels aux décisions stratégiques, et un investissement massif dans les carrières hospitalières".

Un nouveau "contrat social"

Dans un autre communiqué, le bureau de l'INPH a également dénoncé "la visioconférence 'fourre-tout' organisée en toute hâte par le président de la République" (vendredi dernier) en indiquant que cela ne lui semblait pas "être la bonne méthode".
"L’urgence n’est pas à la précipitation mais à l’instauration d’un réel dialogue social avec les organisations syndicales représentatives et légitimées par les dernières élections nationales professionnelles en juillet 2019", affirment-ils.
L’INPH "demande un 'nouveau contrat social'", fondé sur la redéfinition des missions de l’hôpital public et sa gouvernance, la révision du statut des médecins, pharmaciens et odontologistes, qu’ils soient hospitaliers ou hospitalo-universitaires, et sur un financement "adapté aux objectifs et aux besoins de soins".
Pour l'intersyndicat, il faut "mettre un terme à la logique purement comptable de la santé et en finir avec le concept de l’hôpital entreprise" et "activer les principes qui viennent de démontrer leur efficacité pendant cette crise, c’est-à-dire la remédicalisation de la gouvernance, la simplification des procédures, et la fin de la sur-administration".
Le bureau précise que n'ayant "jamais pratiqué la politique de la chaise vide", l'INPH sera au rendez-vous le 25 mai "si cette date est maintenue".

Les syndicats de la FPH réclament des négociations uniquement avec les organisations représentatives

Dans une lettre ouverte adressée mardi à Olivier Véran, 5 des organisations syndicales représentatives des personnels au conseil supérieur de la fonction publique hospitalière (CFDT, CGT, FO, SUD et UNSA santé et sociaux) font part de leurs "interrogations" à la suite des annonces dimanche, dans "la presse" (le Journal du dimanche), d'un "Ségur de la santé".
Elles précisent qu'elles n'ont été "pas consultées dans la période, ni informées à ce jour de votre part ou par vos services sur cette annonce".
Par la voix d'Evelyne Rescanières (CFDT), Mireille Stivala (CGT), Didier Birig (FO), Jean-Marc Devauchelle (SUD) et Françoise Kalb (Unsa santé et sociaux), elles demandent "officiellement":
  • "l’ouverture de négociations avec les seules organisations syndicales représentatives de la FPH" (ce qui exclurait les collectifs, note-t-on)
  • "la communication de la feuille de route ministérielle comprenant le contenu de ces négociations"
  • "un accord de méthode cadrant ces négociations précisant l’agenda social et le calendrier".
Elles exigent de "réelles et sincères négociations pour le personnel comprenant les thématiques revendicatives" qu'elles indiquent porter "depuis plus d’un an" pour tous les salariés des établissements du sanitaire, du médico-social et du social.
san/ab/APMnews

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