Cancer de la prostate: un premier patient français traité avec le système Calypso* à l'ICM

MONTPELLIER, 3 octobre 2016 (APM) - Un premier patient français sera traité à l'Institut du cancer de Montpellier (ICM) pour un cancer de la prostate par le système Calypso* (Varian) qui suit les mouvements de la prostate pendant une radiothérapie, a annoncé lundi le centre de lutte contre le cancer montpelliérain.
Mercredi, "un patient venant spécialement de Saint-Etienne, sera traité pour la première fois en Europe par le système Calypso à l'ICM", a annoncé le CLCC dans un communiqué.
L'ICM est le seul établissement français autorisé par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) pour l'utilisation de ce produit dans le cadre d'un essai clinique sur le cancer du la prostate, a indiqué à l'APM le Pr David Azria, coordonnateur du pôle de radiothérapie de l'ICM. Quelques centres européens ont commencé à l'utiliser mais pas dans le cadre d'un protocole de recherche.
"La prostate observe un mouvement de bascule d'avant/arrière et d'arrière en avant qui est difficile à maîtriser pendant la durée du traitement qui est d'une minute et demie", a-t-il expliqué.
Ces mouvements sont dus à la respiration ou au mouvement intestinal. C'est pour cette raison que les radiothérapeutes prennent une marge de 10 mm dans toutes les directions (5 mm vers le rectum) lors d'un traitement par radiothérapie externe pour être sûrs de bien couvrir le volume tumoral cible.
Calypso* est un système non ionisant qui utilise trois transpondeurs électromagnétiques dans des grains implantés dans la prostate sous échographie par voie transrectale (comme une biopsie) et sous anesthésie locale. Le signal est capté à l'extérieur par des récepteurs, ce qui permet de localiser parfaitement le mouvement pendant la séance et de coupler le déclenchement de l'irradiation.
"C'est comme un GPS. Pendant le traitement, dès qu'on sort de la zone définie, le traitement s'arrête", explique le Pr Azria. En utilisant cet outil, les marges sont réduites à 3 mm dans toutes les directions.
Quand on diminue le volume de tissus sains à irradier, on réduit le potentiel de toxicité pour les organes voisins qui sont le rectum et la vessie, rappelle le spécialiste.
L'étude est menée en partenariat avec le CHU de Montpellier et la Clinique Beausoleil de la même ville. Quatre patients sont déjà inclus sur les 160 patients prévus qui seront randomisés entre la radiothérapie telle qu'elle est pratiquée aujourd'hui et une radiothérapie avec Calypso*. Ce sera la première étude randomisée avec ce système. Seules des études de faisabilité ont été menées jusqu'à présent.
En outre, le protocole intègre le test de radiosensibilité mis au point par le Pr Azria à l'ICM (cf APM SL6O1I62C) et qui permet de repérer par une simple prise de sang les patients plus à risque de développer des complications et effets secondaires à long terme de la radiothérapie. Une stratification en fonction du résultat de ce test est prévue.
"Nous voudrions personnaliser l'utilisation de Calypso*. Peut-être que ce système n'est pas nécessaire pour tous les patients mais il peut représenter une réponse pour les patients plus à risque afin de minimiser leurs effets secondaires", détaille le spécialiste.
Varian fournit les grains qui seront utilisés dans cette étude de financement académique. L'investigateur principal est le Dr Olivier Riou.
sl/ab/APM

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