Les benzodiazépines associées à un risque de pneumopathie chez les malades d'Alzheimer

OTTAWA, 10 avril 2017 (APMnews) - Les benzodiazépines sont associées à un risque accru de pneumopathie chez les patients atteints d'une maladie d'Alzheimer, selon une étude finlandaise publiée lundi dans le Canadian Medical Association Journal (CAMJ).
"Un risque accru de pneumonie est un résultat important à prendre en considération dans la prise en charge des malades d'Alzheimer car les benzodiazépines leur sont fréquemment prescrits, le plus souvent au long cours. Or, chez ces patients, une pneumonie conduit souvent à une hospitalisation et augmente le risque de décès", commente le principal auteur, le Dr Heidi Taipate de l'université de l'Est de la Finlande à Kuopio, dans un communiqué du CAMJ.
L'incidence des pneumopathies augmente avec l'âge et les pneumopathies représentent l'une des principales causes d'hospitalisation chez les malades d'Alzheimer. C'est pourquoi le Dr Taipate et ses collègues ont cherché à identifier des facteurs de risque de pneumopathie.
Ils se sont intéressés aux benzodiazépines et aux hypnotiques apparentés (zolpidem et zopiclone) dont les effets sédatifs sont plus prononcés chez les personnes âgées, ce qui favoriserait la pneumonie d'aspiration en particulier, c'est-à-dire par un reflux du liquide gastrique dans les bronches.
Pour cette étude, les chercheurs ont utilisé les données de prescriptions, de remboursements et d'hospitalisation d'une vaste cohorte finlandaise de 49.484 patients. Parmi eux, 5.232 utilisateurs incidents de benzodiazépines et 3.269 d'hypnotiques apparentés ont été identifiés. Une cohorte d'un nombre équivalent de patients contrôles appariés (sans benzodiazépine ni hypnotique) a été constituée et une analyse par score de propension a été réalisée.
Il apparaît que globalement, la consommation de benzodiazépines et d'hypnotiques apparentée est associée à un risque accru de pneumopathie, multiplié de manière significative au plan statistique par 1,2 par rapport aux malades d'Alzheimer ne prenant pas ces médicaments.
Le risque de pneumopathie est significatif pour les benzodiazépines, multiplié par 1,3, mais pas pour les hypnotiques apparentés.
En outre, le risque de pneumopathie est significatif lors des 30 premiers jours de traitement par benzodiazépine, multiplié par 2 par rapport aux patients qui ne prennent pas ces médicaments, mais ne l'est plus ensuite.
Ces résultats suggèrent qu'il faut également prendre en compte le risque de pneumopathie en cas prescription de benzodiazépines chez les malades d'Alzheimer, concluent les chercheurs.
(CMAJ, vol.189, n°14, p519-529)
ld/ab/APMnews

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