Hémodialyse: risque de mort subite plus prononcé avec les antidépresseurs citalopram et escitalopram

WASHINGTON, 10 avril 2019 (APMnews) - Le risque de mort subite est plus élevé avec le citalopram et l'escitalopram, antidépresseurs de la famille des inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (ISRS) ayant un potentiel d'allongement de l'intervalle QT, chez les patients sous hémodialyse, par rapport aux autres ISRS, selon une étude américaine.
Entre 25% et 40% des patients sous hémodialyse présentent une dépression et les ISRS sont recommandés en première intention. L'efficacité de ce traitement a été démontrée dans cette population mais dans des essais cliniques de petite taille et de suivi limité pour bien évaluer le profil de sécurité, rappellent Magdalena Assimon et ses collègues de l'université de Caroline du Nord à Chapel Hill dans l'American Journal of the American Society of Nephrology (JASN).
Les données disponibles indiquent que tous les ISRS peuvent allonger l'intervalle QT et entraîner une arythmie mais dans le résumé des caractéristiques du produit (RCP), ce risque est mentionné pour certaines populations, comme les femmes et les patients présentant une hypokaliémie, un allongement pré-existant du QT ou d'autres pathologies cardiaques, mais rien n'est indiqué pour les hémodialysés.
Or, ces patients peuvent être particulièrement susceptibles aux effets potentiellement létaux des ISRS en raison de l'exposition répétée aux échanges d'électrolytes et des multiples autres médicaments qu'ils prennent.
Les chercheurs ont voulu comparer le profil de sécurité cardiaque des différents ISRS à partir d'une vaste cohorte de plus de 65.000 patients hémodialysés enregistrés entre 2007-2014 dans le registre américain des maladies rénales.
Dans cette analyse rétrospective, ils ont examiné le risque de mort subite cardiaque à un an parmi 30.932 patients hémodialysés débutant un traitement par ISRS avec un potentiel élevé d'allongement du QT (le citalopram et l'escitalopram) par rapport à 34.722 patients initiant un ISRS avec un potentiel plus faible d'allongement du QT (fluoxétine, paroxétine, fluvoxamine et sertraline).
Il apparaît que, globalement, le risque de mort subite était multiplié par 1,2 chez les patients débutant un traitement par ISRS avec un potentiel élevé d'allongement du QT par rapport aux autres ISRS.
La mortalité cardiaque globale était aussi accrue de manière significative, multipliée par 1,1 avec le citalopram et l'escitalopram par rapport aux autres ISRS.
L'analyse par sous-groupe montre que ce risque de mort subite associé aux deux ISRS à potentiel élevé d'allongement du QT est augmenté de manière significative par 1,2 chez les plus de 65 ans par rapport aux personnes plus jeunes, chez les femmes par rapport aux hommes et chez les insuffisants cardiaques, par 1,3 chez les patients prenant d'autres médicaments allongeant le QT et par 1,5 chez les patients avec des troubles de la conduction cardiaque.
Les médecins devraient prendre en considération ces facteurs lorsqu'ils prescrivent un antidépresseur de la famille des ISRS à des patients hémodialysés, concluent les chercheurs.
(JASN, vol. 30, n°4, p611-623)
ld/nc/APMnews

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