Nouvelle étude défavorable à la vertébroplastie dans les fractures ostéoporotiques aiguës

LONDRES, 14 mai 2018 (APMnews) - La vertébroplastie ne diminue pas plus la douleur liée aux fractures vertébrales ostéoporotiques aiguës à 12 mois qu'une intervention simulée, montre une nouvelle étude randomisée en double aveugle publiée dans le British Medical Journal (BMJ).
Cette étude, qui renforce les résultats de 2 précédents essais randomisés, sur une cohorte plus importante, avec un suivi plus long et des critères d'inclusion et d'exclusion plus stricts, ne soutient pas l'utilisation de la vertébroplastie percutanée dans les fractures vertébrales de compression ostéoporotiques aiguës. Néanmoins les auteurs suggèrent de continuer à l'utiliser dans des sous-groupes particuliers de patients.
L'essai VERTOS IV a inclus 180 patients de 50 ans et plus, présentant 1 à 3 fractures vertébrales de compression d'origine ostéoporotique depuis 6 semaines au maximum, avec un score de douleur sur l'échelle visuelle analogique de 5 ou plus. Ils ont été randomisés entre une vertébroplastie, avec cimentation, et une procédure sham. La douleur a été mesurée sur l'échelle visuelle analogique régulièrement jusqu'à 12 mois après l'intervention.
Le score de douleur a significativement diminué dans les 2 groupes par rapport au départ à tous les points de mesure pendant les 12 mois de suivi, mais il n'y avait pas de différence statistiquement significative entre les 2 groupes.
Il n'y avait pas non plus de différence significative sur les critères secondaires, à savoir la qualité de vie liée à l'ostéoporose et le handicap selon le questionnaire de Roland-Morris.
Le recours aux antalgiques a significativement diminué dans les 2 groupes, à tous les points de mesure du suivi, sans différence significative entre les 2 groupes.
Deux évènements indésirables sont survenus, dans le groupe vertébroplastie: une insuffisance respiratoire et une réaction vasovagale.
"Ces résultats suggèrent que l'infiltration périostale seule dans la phase précoce apporte un soulagement de la douleur suffisant sans nécessiter de cimentation en plus", concluent les auteurs.
Néanmoins, ils indiquent qu'ils continuent à proposer la vertébroplastie à une partie de leurs patients: il existe selon eux une fenêtre dans laquelle la vertébroplastie surpasse le traitement conventionnel. Administrée trop précocement, la vertébroplastie soignerait essentiellement des fractures destinées à guérir spontanément, mais après plusieurs mois de douleur, les fractures risquent de ne plus répondre au traitement, expliquent-ils.
"Ainsi, une future stratégie thérapeutique contre la douleur pourrait être un régime combiné d'infiltration périostale au cours de la guérison naturelle. L'ajout d'une cimentation semble indiqué uniquement dans un sous-groupe de patients sélectionnés, dont la douleur est insuffisamment soulagée après cette phase précoce. A notre avis, cette stratégie offre une approche pragmatique aux cliniciens pour savoir comment traiter au mieux leurs patients".
Ils soulignent une exception à cette règle: les patients hospitalisés présentant plusieurs comorbidités et un score de douleur supérieur à 7 dû à une fracture vertébrale ostéoporotique aiguë. Dans ces cas, "la cimentation à un stade précoce (avant 6 semaines) peut être justifiée", estiment-ils. Des recherches sont cependant nécessaires pour prouver le bien-fondé de la vertébroplastie précoce pour ce sous-groupe de patients.
(BMJ, publication en ligne du 10 mai)
cd/ab/APMnews

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