HPV: peu de risques de contamination par échographie endovaginale avec une gaine à usage unique et une désinfection de bas niveau

MONTPELLIER, 7 juin 2018 (APMnews) - Le taux de contamination par le papillomavirus humain (HPV) des matériels utilisés pour les échographies endovaginales est très faible dès lors qu'une gaine à usage unique est utilisée et qu'une désinfection de bas niveau est mise en place, suggère une étude française présentée jeudi lors du congrès national de la Société française d'hygiène hospitalière (SF2H).
S'il est acquis que la sonde utilisée lors de l'échographie endovaginale doit être protégée par une gaine à usage unique, le niveau de désinfection nécessaire fait débat, soulignent Jean-Christophe Lucet de l'hôpital Bichat-Claude Bernard (Paris, AP-HP) et ses collègues dans leur introduction.
Pour répondre à cette question, ils ont mis en place une étude multicentrique en Ile-de-France, de manière à évaluer les pratiques déployées dans les centres pratiquant des échographies endovaginales.
Un total de 46 centres (17 CHU, 22 hôpitaux et 7 centres en pratique privée) ont été inclus, comprenant 24 sites d'urgences, 9 sites de monitorage en assistance médicale à la procréation (AMP) et 13 en activité programmée hors AMP.
Les chercheurs ont audité leurs pratiques et recueilli des informations relatives aux protocoles de réalisation de l'échographie endovaginale et de désinfection de la sonde. Ils ont également réalisé des prélèvements pour détecter la présence du HPV à haut risque oncogène, à la fois au début de la séance (au niveau du clavier de l'échographe et du gel de couplage) et avant l'échographie endovaginale suivante (clavier, sonde nue désinfectée et sonde recouverte).
Sur l'ensemble des centres, 36 disposaient d'un protocole pour la réalisation du geste et/ou de la désinfection, parmi lesquels 27 précisaient les moments d'hygiène des mains et de port de gants et 23 indiquaient la nécessité d'une gaine à usage unique.
Au total, 676 échographies endovaginales ont été examinées. Dans 98,5% des cas, une gaine conforme a été utilisée.
Une hygiène des mains ou un changement de gants avant l'échographie a été observé dans les trois quarts des cas. Il n'y avait pas de port de gants dans 28% des cas.
Une absence de désinfection a été constatée dans 12,4% des cas.
La désinfection a été étendue au manche dans 21,4% des cas et au clavier dans 6,7% des cas.
Sur les 2.237 prélèvements réalisés pour 669 des échographies endovaginales, aucun ne s'est révélé positif pour HPV au niveau de la sonde. En revanche, 2 claviers ont été identifiés comme positifs pour HPV à haut risque oncogène.
"L'audit montre de nombreux écarts aux bonnes pratiques de réalisation et de désinfection de l'échographie endovaginale, malgré une probable anticipation de la visite d'audit", soulignent les auteurs.
"Cependant, le taux de contamination des matériels est très faible, suggérant que l'utilisation d'une gaine et d'une désinfection de bas niveau garantit la sécurité infectieuse de l'échographie endovaginale", concluent-ils, insistant sur le fait que "la contamination exclusive des claviers indique que l'environnement de l'examen doit être inclus dans les protocoles de contrôle de la transmission croisée, et la gestuelle améliorée".
sb/ab/APMnews

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