VIH: l'efficacité de la PrEP à la demande semble se confirmer en vie réelle

AMSTERDAM, 24 juillet 2018 (APMnews) - La prophylaxie pré-exposition (PrEP) au VIH à la demande donne des premiers résultats prometteurs en vie réelle, selon une étude française présentée mardi au congrès international AIDS 2018, à Amsterdam.
La PrEP (ténofovir disoproxil + emtricitabine) à la demande est recommandée par l'European Aids Clinical Society (EACS) comme alternative à la PrEP continue sur la base de résultats d'études cliniques, mais les données en vraie vie sont limitées, soulignent Jean-Michel Molina de l'hôpital Saint-Louis à Paris (AP-HP) et ses collègues.
L'objectif de l'étude prospective PREVENIR, financée par l'Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales (ANRS), était d'évaluer l'impact du déploiement de la PrEP sur l'épidémie de VIH/sida dans la région Ile-de-France. Elle regroupe des personnes présentant un risque élevé de contamination par le VIH, déjà sous PrEP ou disposées à prendre ce traitement préventif. L'objectif est d'inclure un total de 3.000 participants, a précisé Jean-Michel Molina lors d'une conférence de presse organisée mardi au congrès.
Au total, 1.435 participants ont été inclus dans l'étude entre mai 2017 et mai 2018. Il s'agissait à 98,7% d'hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH), et ils avaient 37 ans en médiane. Parmi eux, 59% étaient déjà sous PrEP, depuis 10 mois en médiane.
A l'inclusion, 44% des participants ont décidé de prendre la PrEP en continu et 53%, la PrEP à la demande. S'ils avaient la possibilité de switcher entre les deux traitements au cours de l'étude, Jean-Michel Molina souligne que la plupart des participants sont restés sur leur choix de départ.
Les participants sous PrEP en continu avaient eu 15 partenaires en médiane sur les 3 mois précédant l'inclusion, dont 3 relations sexuelles sans préservatif sur le dernier mois, contre 10 partenaires et 2 relations sans préservatif pour les PrEPeurs à la demande. "Il s'agit des seules différences observées à l'inclusion entre les deux groupes", indique Jean-Michel Molina.
Le suivi a été réalisé pendant 302 personnes-années pour le bras sous PrEP en continu et 361 personnes-années pour le bras sous PrEP à la demande.
"Plus de 96% des participants des deux bras ont pris le traitement correctement, au bon dosage", souligne le chercheur. "Ce résultat encourageant est probablement le résultat du conseil dont bénéficient les participants lors de leurs visites à l'hôpital."
En outre, "20% de ces participants utilisaient également des préservatifs [...], ce qui est important dans le contexte actuel des infections sexuellement transmissibles [IST]", ajoute-t-il.
Sur l'ensemble du suivi, l'incidence du VIH-1 a été de 0 pour 100 personnes-années dans les deux bras. Au vu de l'incidence des infections au VIH observée à Paris dans le cadre de l'étude Ipergay (cf APM VIB0NK9D4D), "ces résultats nous laissent penser que nous avons pu éviter jusqu'à 85 nouvelles infections au VIH chez ces personnes", se réjouit Jean-Michel Molina.
Un arrêt du traitement s'est produit chez 3% des personnes-années dans le groupe sous PrEP en continu, contre 3,6 pour 100 personnes-années dans le groupe sous PrEP à la demande. Parmi eux, 1,3 et 1,1% personnes-années ont respectivement arrêté le traitement car ils n'estimaient plus être à risque.
La tolérance à la PrEP a été bonne et il n'y a pas eu d'arrêt du traitement pour cause d'effets indésirables liés à la prise de la molécule.
"Ces résultats permettent de confirmer la très bonne efficacité de la PrEP puisque l'on s'adresse à des personnes fortement exposées au risque d'infection par le VIH", souligne Jean-Michel Molina. Il espère que les résultats positifs de la PrEP à la demande permettront de conduire à une montée en puissance de son utilisation, nécessaire pour avoir un impact significatif sur l'épidémie au sein des HSH.
sb/vl/APMnews

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