Fréquence "relativement élevée" de complications hépatiques secondaires au traitement d'hémopathies malignes avec le Besponsa*

WASHINGTON, 11 septembre 2018 (APMnews) - Une fréquence "relativement faible" de syndrome d'obstruction sinusoïdale mais une fréquence "relativement élevée" de lésions hépatiques iatrogènes a été constatée chez des patients atteints d'hémopathies malignes traités par l'inotuzumab ozogamicine (Besponsa*, Pfizer), selon une étude publiée dans Hepatology.
Le traitement des hémopathies malignes avec des anticorps conjugués peut entraîner des lésions hépatiques, mais il a été montré que le rapport bénéfice/risque de ces médicaments reste néanmoins positif dans la leucémie aiguë lymphoblastique (LAL) (cf APM FB8OSNWMV).
Les anticorps conjugués délivrent une fraction toxique dans les cellules tumorales exprimant l'antigène [ciblé] mais peuvent également provoquer des lésions des sinusoïdes hépatiques sous forme de syndrome d'obstruction sinusoïdale (ou maladie veino-occlusive), rappellent George McDonald de l'université de Seattle et ses collègues.
Les chercheurs ont étudié des patients ayant été traités par l'anti-CD22 conjugué inotuzumab ozogamicine, afin de mieux comprendre les mécanismes hépatotoxiques de ce traitement puisque physiologiquement, il n'y a pas de cellules CD22+ dans le foie, mais il y a une absorption non spécifique des anticorps conjugués par les cellules endothéliales sinusoïdales du foie.
Dans une étude ayant randomisé 638 patients (dont 307 atteints de LAL et 311 de lymphome non hodgkinien) entre l'anticorps conjugué et une chimiothérapie standard, ils ont analysé tous les cas de complications hépatobiliaires.
La fréquence du syndrome d'obstruction sinusoïdale parmi les patients recevant l'anticorps conjugué a été de 1,5% (5 patients sur 328) et il n'y a pas eu de cas dans le groupe contrôle.
Des lésions hépatiques iatrogéniques ont été constatées chez 7,9% du groupe anticorps conjugué (26 patients) et chez 3 patients contrôles, une cholestase intrahépatique chez 4,9% du groupe traité par inotuzumab ozogamicine vs 5,5% des contrôles.
A la suite de l'étude randomisée, 113 des patients atteints de LAL ont reçu une allogreffe de cellules souches hématopoïétiques. La fréquence de syndrome d'obstruction sinusoïdale chez ceux qui avaient été précédemment exposés à l'anticorps conjugué était de 27% (21/79) vs 9% (3/34) chez les contrôles.
Une analyse multivariée exploratoire a identifié des antécédents de pathologies hépatiques et de thrombocytopénie avant le traitement de conditionnement à la greffe comme facteurs de risque dominant de syndrome d'obstruction sinusoïdale après une transplantation.
"Ces données de patients atteints d'hémopathies malignes recevant de l'inotuzumab ozogamicine contrastent avec la fréquence plus élevée de syndrome d'obstruction sinusoïdale et de syndrome d'obstruction sinusoïdale grave chez les patients exposés au gemtuzumab ozogamicine [Mylotarg*, Pfizer], un anticorps conjugué anti-CD33 constitué de la même fraction toxique", commentent les chercheurs.
Ils suggèrent que cette plus grande hépatotoxicité sinusoïdale due au gemtuzumab ozogamicine par rapport à celle survenant après l'exposition à l'inotuzumab ozogamicine, est "liée à l'expression des cellules CD33+ localisées dans le foie normal, comparée à l'absence de cellules CD22+ dans ce dernier".
(Hepatology, édition en ligne du 18 août)
cab/fb/ab/APMnews

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