Déclin cognitif plus rapide avec la démence frontotemporale et la maladie d'Alzheimer

LILLE, 16 avril 2019 (APMnews) - Le déclin cognitif apparaît plus rapide pour les patients atteints d'une démence frontotemporale ou d'une maladie d'Alzheimer que pour ceux avec des troubles cognitifs vasculaires, selon des données du réseau Méotis dans les Hauts-de-France présentées mardi aux Journées de neurologie de langue française (JNLF).
L'influence du diagnostic sur les trajectoires de déclin cognitif de patients suivis depuis le stade prodromal reste méconnue, notamment pour les maladies à corps de Lewy et frontotemporales, indiquent Celine Derollez et ses collègues du CHU de Lille dans le résumé de leur communication orale.
Dans cette étude, ils ont voulu déterminer les trajectoires de déclin cognitif des patients suivis en soins courants depuis le stade prodromal au sein du réseau régional Méotis, soit 3.454 patients inclus dans la base de données entre 1997 et 2014, avec un score MMSE d'au moins 26 points à la première consultation et pour lesquels au moins cinq valeurs étaient disponibles.
Des trajectoires homogènes de déclin cognitif ont été modélisées en utilisant un modèle mixte à classes latentes. Les chercheurs ont ensuite examiné la distribution des diagnostics retenus à l'issue du suivi au sein de ces trajectoires.
Dans le modèle, trois trajectoires de déclin cognitif apparaissent: lente pour un total de 1.739 patients, modérée pour 1.413 et rapide pour 302.
Les diagnostics les plus fréquents étaient un déclin cognitif léger (MCI) dans la trajectoire lente (46,2%) et une maladie d’Alzheimer dans les trajectoires modérée (73,8%) et rapide (74,8%).
Pour les troubles cognitifs vasculaires, l'évolution était essentiellement lente (43,4%) et modérée (50,2%). Les patients avec une maladie à corps de Lewy et ceux avec une démence frontotemporale étaient davantage répartis entre les trois trajectoires, avec toutefois une surreprésentation de démence frontotemporale avec un déclin rapide (26,4%).
Ces données montrent que la moitié des patients atteints de troubles cognitifs vasculaires continuent à évoluer malgré la prise en charge. La démence frontotemporale et la maladie à corps de Lewy sont les plus imprédictibles et la démence frontotemporale comprend proportionnellement le plus de patients avec un déclin rapide, observent notamment les chercheurs.
"Ces données sur la progression du déclin cognitif en soins courants apportent des renseignements pour la pratique quotidienne et la recherche clinique. Les facteurs déterminant la variabilité du déclin cognitif de chaque diagnostic restent à définir", concluent-ils.
ld/gb/APMnews

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