Le diagnostic intrapartum des infections maternelles à streptocoque B vaut mieux que le dépistage par les facteurs de risque

LONDRES, 16 juillet 2019 (APMnews) - Le dépistage des infections maternelles à streptocoque B par les facteurs de risque apparaît peu fiable pour décider d'une antibioprophylaxie intrapartum, tandis que le diagnostic intrapartum des streptocoques B est plus précis et ne devrait pas augmenter le recours aux antibiotiques, mais au contraire mieux le cibler, selon une étude danoise publiée dans l'European Journal of Obstetrics & Gynecology and Reproductive Biology.
Le streptocoque B fait partie de la flore intestinale normale, mais il peut coloniser la zone rectovaginale chez les femmes enceintes et être ainsi transmis au nouveau-né lors de l'accouchement, les exposant au risque d'infection précoce à streptocoque B. Cela peut entraîner des infections graves comme un sepsis, une pneumonie ou une méningite, rappellent Nanna Johansen et ses collègues de l'hôpital universitaire de Copenhague.
L'antibioprophylaxie intrapartum peut éviter cette transmission. Deux stratégies existent actuellement pour identifier les femmes devant bénéficier de cette antibioprophylaxie: l'une fondée sur les facteurs de risque de colonisation par le streptocoque B, telle qu'adoptée au Danemark; l'autre fondée sur un dépistage universel prénatal reposant sur la culture d'échantillons prélevés dans le vagin et le rectum des femmes enceintes à 35-37 semaines, comme aux Etats-Unis. Cette dernière stratégie est plus efficace pour identifier les femmes à risque de transmettre le streptocoque B et prévenir les infections néonatales précoces par streptocoque B, mais elle est aussi beaucoup plus coûteuse.
Les auteurs ont comparé le dépistage par les facteurs de risque à une stratégie de dépistage par culture intrapartum proposé à toutes les femmes entrant en phase de travail. Ils ont en outre cherché à déterminer la prévalence de la colonisation par le streptocoque B grâce à cette culture intrapartum.
Au total, 700 femmes entrant en phase de travail et devant accoucher par voie basse ont reçu un test de détection du streptocoque B par mise en culture standard de prélèvements vaginaux et rectaux. Les résultats de ce test sont restés cachés, les parturientes étant mises sous antibioprophylaxie en fonction de leurs facteurs de risque d'infection par streptocoque B: antécédent d'infection néonatale par streptocoque B, présence de streptocoque B dans l'urine et/ou le vagin au cours de la grossesse actuelle, âge gestationnel inférieur à 36 semaines, température de 38°C ou plus, ou rupture des membranes depuis au moins 18 heures.
Sur 642 femmes qui ont accouché dans les 3 jours suivant les prélèvements, la prévalence du streptocoque B au début du travail était de 17,8%.
Seules 2,8% des 642 femmes ont été identifiées comme positives pour le streptocoque B à partir de leur dossier médical, fondé sur les cultures urinaires et/ou vaginales pendant la grossesse.
La sensibilité et la spécificité de la stratégie de dépistage sur la base des facteurs de risque pour identifier les femmes colonisées par le streptocoque B à l'accouchement étaient respectivement de 11,4% et 99,1%. Cette stratégie "est insuffisante pour prédire les femmes qui seront positives en intrapartum", commentent les auteurs.
Une antibioprophylaxie a été administrée à 26,5% des femmes sur la base des facteurs de risque. Parmi ces femmes, 78,8% étaient en fait négatives au moment de l'accouchement.
Par ailleurs, seules 31,6% des femmes qui étaient positives pour le streptocoque B au moment de l'accouchement ont reçu l'antibioprophylaxie.
La valeur prédictive positive de la stratégie de dépistage fondée sur les facteurs de risque n'était ainsi que de 21,2% et sa valeur prédictive négative de 83,5%. La sensibilité et la spécificité étaient respectivement de 31,6% et 74,6%. Cette stratégie "entraîne à la fois des traitements inutiles et des traitements insuffisants avec l'antibioprophylaxie intrapartum", commentent les auteurs.
"Le diagnostic intrapartum du streptocoque B est plus précis et n'augmentera pas l'utilisation globale de l'antibioprophylaxie intrapartum", ajoutent-ils.
(European Journal of Obstetrics & Gynecology and Reproductive Biology, publication en ligne du 2 juillet)
cd/nc/APMnews

Découvrez gratuitement et sans engagement Cliniquesnews.com pendant 7 jours.

Vous voulez informer la rédaction sur un événement se passant dans votre établissement ou votre région (nomination, ouverture d’un service…), écrivez-nous à redaction@cliniquesnews.com