Exénatide et lixisénatide peuvent donner lieu à une allergie croisée

WASHINGTON, 29 juillet 2019 (APMnews) – Une allergie au lixisénatide peut impliquer une allergie à l’exénatide mais pas forcément au liraglutide, selon une analyse de cas présentée dans Diabetes Care.
Oded Shamriz de l’université de Jérusalem et ses collègues rapportent le cas d’un homme de 61 ans, diabétique de type 2, admis pour un choc anaphylactique après avoir reçu une injection d’un vaccin contre la grippe et une première injection combinée d’insuline glargine et de lixisénatide (Suliqua*, Sanofi).
Cet homme avait été traité par de l’exénatide hebdomadaire (Byduréon*, AstraZeneca), remplacée ensuite pendant deux ans par du liraglutide (Victoza*, Novo Nordisk) avant de se voir prescrire Suliqua*.
L’enquête allergologique n’a révélé aucune réaction à l’insuline glargine. En revanche, un prick test s’est révélé fortement positif pour l’exénatide hebdomadaire, bien que le patient ait toujours bien toléré ce traitement. L’intradermoréaction s’est montrée positive même avec de fortes dilutions (1/10, 1/100, 1/1000).
Pour le lixisénatide, le prick test était négatif, tout comme l’intradermoréaction à la dilution 1/1000. En revanche, l’intradermoréaction était positive à la dilution 1/100. Compte tenu du choc anaphylactique, la dilution 1/10 n’a pas été testée.
Enfin, aucune réaction au prick test ni à l’intradermoréaction n’a été observée avec le liraglutide. Le patient est donc désormais traité par insuline degludec/liraglutide (Xultophy*, Novo Nordisk).
L’exénatide et le lixisénatide sont des analogues du GLP-1 dérivés de l’exendine-4. L’allergie à ces deux médicaments peut s’expliquer par leur homologie.
Chez ce patient, l’exposition prolongée à l’exénatide a probablement sensibilisé ses mastocytes mais sans provoquer leur dégranulation tandis que l’apport de lixisénatide a abouti à l’activation des récepteurs IgE, à la libération d’histamine et à la réponse allergique, analysent les auteurs.
Le liraglutide apparaît moins immunogène que les deux analogues du GLP-1 dérivés de l’exendine-4. Cela avait été montré dans l’étude LEAD-4, rappellent les auteurs.
Il y a néanmoins une homologie de 53% entre les analogues du GLP-1 dérivés de l’exendine-4 et le liraglutide. "Notre patient est probablement allergique à un épitope non partagé" entre les deux molécules, en déduisent les auteurs.
Dès lors que l’exénatide ou le lixisénatide est soupçonné de provoquer une allergie, les auteurs recommandent de réaliser les tests pour les deux molécules et d’envisager de les remplacer, en cas d’allergie, par du liraglutide.
(Diabetes Care, édition en ligne du 11 juillet)
arg/cd/sl/APMnews

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