Tuberculose résistante: l'association bédaquiline + délamanide aussi sûre à long terme que la bédaquiline seule

LONDRES, 4 novembre 2019 (APMnews) - L'association de bédaquiline (Sirturo*, Janssen, groupe Johnson & Johnson) et de délamanide (Deltyba*, Otsuka) semble être aussi sûre à long terme que la bédaquiline seule, en particulier concernant un risque d'allongement de l'intervalle QT, dans le traitement de la tuberculose résistante, et ce quel que soit le statut VIH, selon une nouvelle étude sud-africaine.
La prise conjointe de bédaquiline et de délamanide a un effet additif sur l'allongement de l’intervalle QT (cf APM SB8POCNT7), ce qui pourrait exposer les patients à un risque d'arythmie ou de mort subite. Mais les alternatives thérapeutiques sont rares chez certains patients, ce qui crée un certain malaise chez les prescripteurs, indiquent Olatunde Olayanju de l’université du Cap et ses collègues dans l'European Respiratory Journal (ERJ).
Face à l'absence de données prospectives de long terme sur cette association, en particulier chez des patients infectés par le VIH, ils ont suivi, de 2014 à 2018, 122 patients présentant une tuberculose multirésistante de mauvais pronostic avec une co-infection par le VIH dans 52,5% des cas.
Tous ont été traités soit par de la bédaquiline seule, soit par l'association bédaquiline + délamanide. D'autres molécules impactant l'intervalle QT étaient employées dans cette étude (clofazimine, moxifloxacine), de manière comparable entre les groupes, ce qui a permis d'en tenir compte dans les analyses, soulignent les auteurs.
Les patients traités par l'association présentaient plus souvent une tuberculose résistante à plus de 5 médicaments (22,5% contre 3,7%) et un taux d’échec avant traitement plus important (52,5% contre 12,2%).
Malgré la sévérité plus importante du groupe traité par l'association, aucune différence sur la conversion de la culture à 6 mois n'a été observée entre les groupes (92,5% pour le groupe bédaquiline seule contre 81,8% pour le groupe association) ni sur le taux de pronostic favorable à 18 mois (63,4% contre 67,5%).
Et si, effectivement, la proportion de patients présentant un allongement de l'intervalle QT était supérieure dans le groupe bédaquiline-délamanide, aucun cas symptomatique (syncope, collapsus, arythmie, hypotension etc.) ni atteinte de la limite prédéfinie de 500 ms impliquant un arrêt de l'un ou l'autre traitement n'ont été observés dans aucun des groupes.
Ces résultats étaient similaires quel que soit le statut pour le VIH des patients.
"Nos données soutiennent le recours à cette association chez les patients pour lesquels il est difficile de constituer un régime avec au moins quatre médicaments efficaces", concluent les chercheurs.
Une surveillance par ECG reste cependant requise lorsque cette association est utilisée, surtout si elle l'est avec d'autres médicaments pouvant avoir un impact sur l'intervalle QT car des cas nécessitant des arrêts de traitement ont été documentés, commentent-ils.
Les résultats suggèrent qu'il ne s'agit pas d'un problème majeur mais plutôt rare, ajoutent-ils.
(ERJ, édition en ligne du 16 octobre)
arg/ld/ab/APMnews

Découvrez gratuitement et sans engagement Cliniquesnews.com pendant 7 jours.

Vous voulez informer la rédaction sur un événement se passant dans votre établissement ou votre région (nomination, ouverture d’un service…), écrivez-nous à redaction@cliniquesnews.com