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Corticoïdes, IPP, antibiotiques et psychotropes altèrent la réponse aux immunothérapies anticancéreuses

PARIS, 9 décembre 2019 (APMnews) - Certains médicaments utilisés lors de l'initiation d'un traitement anticancéreux par inhibiteur de point de contrôle immunologique (ICI) diminuent l'efficacité de celui-ci, notamment les corticoïdes, selon une étude qui devait être présentée dimanche au congrès de la Société française de rhumatologie (SFR) à Paris.
Le microbiote semble jouer un rôle important dans la réponse tumorale aux ICI. Or certains médicaments modifient la composition du microbiote, comme cela a été montré récemment avec une antibiothérapie, rappellent Marie Kostine et ses collègues du CHU de Bordeaux, dans le résumé de leur communication.
Ils ont étudié l'impact sur l'efficacité des ICI des comédications connues pour interférer avec le microbiote, au sein d'une cohorte rétrospective de 635 patients ayant initié une ICI entre mai 2015 et septembre 2017.
Les comédications les plus fréquemment prescrites à l'initiation de l'ICI étaient les psychotropes (41,1%), les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP, 37,3%), les inhibiteurs de l'enzyme de conversion/antagonistes des récepteurs de l'angiotensine II (IEC/ARAII), les corticoïdes (24,2%), les antibiotiques (21,4%), les statines (20,8%) et la morphine (20,6%).
La présence d'une corticothérapie à l'initiation de l'ICI, à une dose supérieure ou égale à 10 mg/j d'équivalent prednisone, était associée à une survie médiane significativement moins bonne (4,5 mois contre 24,3 mois), et une réponse tumorale significativement moins élevée (55% contre 73%), selon le résumé.
Avec un IPP utilisé lors de l'initiation de l'ICI, la survie médiane était significativement moins bonne (10,9 mois contre 24,3 mois) et la réponse tumorale significativement altérée (62% contre 71%).
Antibiothérapie et psychotropes avaient aussi un impact négatif sur la survie.
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), l'aspirine, les statines et les IEC/ARAII n'avaient en revanche pas d'influence sur l'efficacité des ICI.
Avec les comédications ayant un effet délétère sur l'efficacité des ICI, il y avait moins d'effets secondaires immunomédiés, indiquent les auteurs.
"En tant que prescripteurs potentiels, les rhumatologues doivent être conscients du potentiel effet négatif des antibiotiques, corticoïdes (dose supérieure ou égale à 10 mg/j), IPP et psychotropes au moment de la mise en route d'une immunothérapie anticancéreuse", concluent-ils.
cd/nc/APMnews

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