Le CH de Saint-Lô va débuter l’agrandissement de ses urgences en 2020

(Par Sylvie LAPOSTOLLE)
SAINT-LÔ (Manche), 27 janvier 2020 (APMnews) - Le centre hospitalier Mémorial France Etats-Unis de Saint-Lô (519 lits et places) débute en 2020 les travaux d’agrandissement de ses urgences pour un investissement de 5 millions d’euros (M€), a indiqué vendredi à APMnews son directeur, Thierry Lugbull, interrogé à l’occasion des voeux.
Après le choix de l’architecte en décembre 2019, une année d’étude va permettre de préciser le projet et "les premiers coups de pioche" seront donnés.
"Notre service d’urgence a été conçu pour 20.000 à 30.000 passages annuels et nous sommes maintenant à 50.000 passages. Cela devient étroit et les conditions d’accueil ne sont pas optimales. Comme nous sommes très sensibles au bien-être des patients et des professionnels et que nous ne tolérons pas les brancards, il est temps d’agrandir le bâtiment", a-t-il expliqué.
Le projet va se dérouler sur 3 ans et va permettre une extension de 30% de l'espace. Il comprend aussi la réfection des abords et un parking. Comme le bâtiment est classé monument historique, cela se fera par tranche sans bâtiment pour opération tiroir.
L’investissement s’élèvera à 5 M€ dont 600.000 € d’aide de l’agence régionale de santé (ARS) Normandie.

Tension sur la trésorerie

En 2019, le CH, qui emploie 1.400 agents et 120 médecins, devrait voir son déficit s’élever à 3,6 M€, "en augmentation sensible" par rapport à 2018 (2,2 M€), créant une tension sur la trésorerie.
"L’hôpital est fragile, les temps sont difficiles, nous avons connu nos premières grèves depuis longtemps, aux urgences et en radiologie", a reconnu Thierry Lugbull dans son discours de voeux transmis à APMnews. "Il s’agissait de solidarité au mouvement national, comme celle des manipulateurs radio ces jours-ci; nous avons un très bon climat social", a assuré le directeur.
La hausse du déficit s’explique par une augmentation des charges supérieure à celle de l’activité notamment sur l’intérim du personnel médical et les dépenses de remplacement.
"L’activité est toujours en hausse comme depuis 12 ans, mais on atteint un plafond; tout est plein, conduisant à des tensions en permanence. La hausse d’activité est de 1% et il est difficile de contenir la progression des charges sous les 2%", a-t-il expliqué.
Ce déficit est "tolérable" sur un budget de 115 M€ mais cela va obliger l'hôpital saint-lois à mettre en place un plan pour revenir à l’équilibre sur trois ans en cherchant à réduire l’absentéisme, "même s’il reste inférieur à la moyenne", et à faire un travail sur la pertinence des actes de radiologie et de laboratoire. Le CH met en place un projet d’intelligence artificielle (IA) pour améliorer le codage, avec la société Collective Thinking.
Le directeur espère aussi beaucoup de la reprise de dette annoncée par la ministre des solidarités et de la santé. L'établissement avait un encours de dette de 51,5 M€ en 2018. Son taux d’endettement est autour de 40% et le directeur préférerait le voir passer sous les 30%.
Thierry Lugbull souligne que le CH de Saint-Lô garde la confiance des banques, après avoir vu ses comptes 2018 certifiés sans réserve dès la première année, comme annoncé en 2019, ce qui lui permet de continuer à investir pour 5 M€ par an.

D'autres investissements

En 2020, il va aussi commencer la restructuration de son bloc opératoire sur 3 ans (pour 4,5 M€) et débuter des travaux de rénovation des consultations externes.
Un programme de renouvellement des ascenseurs sera lancé avec le remplacement de deux ascenseurs en 2020 (1,7 M€, fin des travaux en 2022). Le CH doit aussi investir sur son tableau général basse tension (TGBT) et renforcer le secours électrique (2,6 M€) et débuter un programme de renouvellement des équipements de blanchisserie (automatisme et supervision informatique en 2020).
Ces travaux devraient en faire un hôpital complètement neuf en 2026, après rénovation des derniers étages, pour ses 70 ans, souligne le directeur.
Il prévoit d’ouvrir fin 2020 une légumerie-conserverie solidaire avec la Banque alimentaire, les collectivités locales et une action de réinsertion pour favoriser les cultures locales et biologiques pour la restauration, tenant compte du terroir agricole de la Manche.
Le CH poursuit ses investissements en informatique. Il a renforcé la sécurité en 2019 en vue d’obtenir en 2020 la certification hébergeur des données de santé (HDS), ce qui reste rare pour un hôpital. Il a aussi déployé le logiciel Copilote* sur l’approvisionnement, développé la sérialisation des médicaments, les rendez-vous en ligne avec Doctolib et mis en place deux bornes interactives d’accueil des patients.
En 2020, il inaugurera son Parc Ecureuil, un parc d’activités thérapeutique avec des animaux, installé en 2019 pour permettre aux personnes âgées et patients de faire du tricycle en extérieur sur une piste cyclable, avec des capteurs pour surveiller leurs constantes. Il comprend aussi des jeux pour les enfants et des parcours sportifs.
En 2019, il a ouvert un service de neurologie rénové (pour 3,7 M€, cf APM SL0PTP8Q5-1) et obtenu la reconnaissance de 2 lits identifiés soins palliatifs (Lisp) supplémentaires, portant le total à 7.
La visite du Prince Albert II de Monaco lors du 75e anniversaire du Débarquement le 7 juin 2019 a abouti à un jumelage avec le CH Princesse-Grace pour des partages d’expérience.
Le CH qui est certifié de niveau A par la Haute autorité de santé (HAS) poursuit la démarche qualité au sein du groupement hospitalier de territoire (GHT) Centre Manche ainsi que la convergence des systèmes d'information (SI).

Le CH de Saint-Lô séduit toujours plus d’internes

Le CH de Saint-Lô fait valoir son attractivité. Il est l’un des hôpitaux de Normandie, hors CHU, à attirer le plus d’internes. En 2019, 107 y ont été admis contre 98 en 2018, souligne le CH dans un communiqué diffusé la semaine dernière.
Plusieurs facteurs le permettent. Son plateau technique est très complet avec un appareil d’IRM et deux scanners dont un réservé aux urgences, ou encore des salles d’accouchement équipées de casques de réalité virtuelle. Il dispose aussi d’espaces de repos et de loisirs pour les professionnels.
L’établissement est jumelé avec un hôpital de Virginie aux Etats-Unis, où il a pu y envoyer deux internes pendant 15 jours. Ce projet développé avec la faculté de médecine de Caen va permettre d’y envoyer deux internes chaque semestre.
A Saint-Lô, chaque interne est accueilli par le directeur. Une quarantaine de T1 ou T2 meublés sont mis à leur disposition.
Tout au long de leur internat, les étudiants sont sensibilisés aux problématiques territoriales de santé, notamment pour leur donner envie de s’installer dans la Manche, à l’hôpital ou en exercice mixte. Le CH travaille avec des agences immobilières pour faciliter l’installation des jeunes médecins par la suite.
Le département met en place diverses actions pour favoriser l’attractivité médicale du territoire avec des aides financières à l’installation des professionnels médicaux, un accompagnement des conjoints, pour la recherche de logements, des kits d’accueil pour leur faire découvrir les richesses du territoire et des séjours découverte pour susciter l’envie auprès de professionnels de santé en réflexion sur une possible installation dans la Manche.
sl/nc/APMnews

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