Sélection de dépêches en accès libre

Plus de 10% des patients avec un lymphome traités par CHOP développent une insuffisance cardiaque

LONDRES, 10 mars 2020 (APMnews) - Plus de 10% des patients souffrant de lymphome non hodgkinien qui ont été traités par le protocole de chimiothérapie CHOP (avec ou sans rituximab) développent une insuffisance cardiaque, mais qui n'est souvent pas diagnostiquée après le traitement quand on n'évalue pas la fonction cardiaque, selon une méta-analyse publiée dans le Lancet Haematology par une équipe néerlandaise.
L'amélioration du traitement des lymphomes a progressé au cours des 4 dernières décennies et actuellement 72% des patients sont en vie à 5 ans. La prévention et la prise en charge des complications du traitement devient d'autant plus importante chez ces patients ayant une espérance de vie prolongée, notent Marijke Linschoten de l'université d'Utrecht et ses collègues.
Or, on sait que le traitement standard de nombreux lymphomes, CHOP, inclut deux médicaments connus pour augmenter le risque d'atteinte cardiaque, la doxorubicine et le cyclophosphamide. Mais le niveau de risque global des patients ayant reçu CHOP ou R-CHOP avait été peu étudié.
Les chercheurs ont regroupé les données de 137 études de suivi de patients traités pour un lymphome non hodgkinien traités par CHOP et/ou R-CHOP, avec un suivi médian de 39 mois.
Ils ont constaté que les événements cardiovasculaires aigus majeurs, dont la fréquence était très variable selon les études, s'établissait en moyenne à 2,35%, ce qui est considéré comme relativement faible. En revanche, pour les insuffisances cardiaques, on montait à 4,6%.
Et surtout, alors que le taux d'insuffisance cardiaque post-chimiothérapie n'était que de 1,6% quand la fonction cardiaque n'était pas évaluée après le traitement anticancéreux, on montait à 11,7% quand la fonction cardiaque était évaluée.
Il semble donc y avoir un "large sous-diagnostic de cette complication", estiment les auteurs.
Les chercheurs néerlandais ont également mis en évidence un surrisque d'atteinte cardiaque chez les femmes et chez les patients âgés. Ces catégories de patients devraient donc être plus particulièrement suivies.
Les auteurs suggèrent de remplacer la doxorubicine par l'épirubicine ou la pixantrone qui sont moins cardiotoxiques.
(The Lancet Haematology, publication en ligne du 2 mars)
fb/ab/APMnews

Découvrez gratuitement et sans engagement Cliniquesnews.com pendant 7 jours.

Vous voulez informer la rédaction sur un événement se passant dans votre établissement ou votre région (nomination, ouverture d’un service…), écrivez-nous à redaction@cliniquesnews.com